dimanche 7 juin 2026

Savoie: Entre Chamonix et Samoëns / Savoy: Between Chamonix et Samoëns

Alors que j'écris cet article, cette étrange canicule printanière commence à doucement s'atténuer. Toutefois pour lutter contre la chaleur particulièrement tenace qui s'est abattue sur Lyon, j'ai pris la route direction les Alpes pour profiter d'un bol de fraîcheur. Cet article en réalité mixe deux séjours que j'ai passé en Haute-Savoie. J'avais en effet découvert il y a deux ans Chamonix en juillet pour assister au CosmoJazz Festival Chamonix, mais je n'avais jamais partagé mes photos alors que c'était un séjour très agréable et riche en couleurs. Ma deuxième expérience en Haute-Savoie nous amène - cette année par contre - à Samoëns, situé à peine 20 km de Chamonix à vol d'oiseau. Plus haute commune de France et d'Europe, s'étirant entre 995 à 4 806 m d'altitude, Chamonix-Mont-Blanc est une ville charmante qui s'étire le long de la vallée de l'Arve, entre le massif des aiguilles Rouges et sur le massif du Mont-Blanc. Inoccupée et hostile en raison de son climat montagnard, le territoire de Chamonix sera toutefois habité par les Celtes puis les Ligures, les Ceutrons et les Allobroges. Vers 121 av. J.-C., ce territoire fut intégré à l'Empire romain. La région appartint ensuite aux Burgondes avant de devenir la propriété du Comté de Genève. C'est au XIVe siècle que Chamonix est intégré au aux États de Savoie, eux-mêmes intégrés depuis le traité d'Utrecht de 1713 au royaume de Sardaigne. En 1741, deux Anglais, William Windham et Richard Pococke, racontent dans des gazettes littéraires leur visite de la vallée et leur expédition vers un gigantesque glacier qu'ils baptisent la Mer de Glace. La curiosité suscitée par leur récit amène assez vite les premiers touristes qui se lancent alors dans ce qui deviendra l'alpinisme. Durant l'année 1760, le riche aristocrate genevois Horace-Bénédict de Saussure, promet une forte récompense au premier qui atteindra le sommet du mont Blanc. Et le 8 août 1786, deux Chamoniards, Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard y parviennent. Le 24 septembre 1792, l'armée révolutionnaire française pénètre dans le duché de Savoie. Celui-ci est annexé le 27 novembre de la même année. Vaincu par les troupes de Napoléon à plusieurs reprises, le roi de Sardaigne, Victor-Amédée III, reconnaît de jure les annexions et cède la Savoie et Nice à la France par le Traité de Paris du 15 mai 1796.  Ce premier épisode prend fin avec le premier exil de Napoléon, à l'île d'Elbe : le Traité de Paris du 30 mai 1814 restitue au royaume de Sardaigne la partie orientale de la Savoie, le reste suivra en 1815. La vallée de Chamonix revient sous souveraineté sarde de 1814 à 1860. Durant cette période, les premiers hôtels de luxe voient le jour. Avec la Deuxième Guerre d'indépendance d'Italie - soutenue par les armées de Napoléon III - les Comtés de Savoie et de Nice sont cédés au Royaume de France. / As I write this article, this strange spring heatwave is slowly beginning to ease. However, to escape the particularly relentless heat that has gripped Lyon, I set off for the Alps to enjoy a breath of fresh air. This article actually combines two trips I took to Haute-Savoie. I had actually discovered Chamonix two years ago in July to attend the CosmoJazz Festival Chamonix, but I had never shared my photos, even though it was a very pleasant and colourful trip. My second experience in Haute-Savoie takes us – this year, however – to Samoëns, located barely 20 km from Chamonix as the crow flies. The highest municipality in France and Europe, stretching from 995 to 4,806 metres above sea level, Chamonix-Mont-Blanc is a charming town that stretches along the Arve Valley, between the Aiguilles Rouges massif and the Mont Blanc massif. Uninhabited and inhospitable due to its mountainous climate, the Chamonix area was nevertheless settled by the Celts, followed by the Ligurians, the Ceutroni and the Allobroges. Around 121 BC, this territory was incorporated into the Roman Empire. The region subsequently belonged to the Burgundians before becoming part of the County of Geneva. It was in the 14th century that Chamonix was incorporated into the States of Savoy, which themselves became part of the Kingdom of Sardinia following the Treaty of Utrecht in 1713. In 1741, two Englishmen, William Windham and Richard Pococke, recounted in literary journals their visit to the valley and their expedition to a gigantic glacier which they named the Mer de Glace. The curiosity aroused by their account soon attracted the first tourists, who then embarked on what would become mountaineering. In 1760, the wealthy Genevan aristocrat Horace-Bénédict de Saussure promised a substantial reward to the first person to reach the summit of Mont Blanc. And on 8 August 1786, two men from Chamonix, Jacques Balmat and Dr Michel Paccard, succeeded in doing so. On 24 September 1792, the French Revolutionary Army entered the Duchy of Savoy. The duchy was annexed on 27 November of the same year. Defeated by Napoleon’s troops on several occasions, the King of Sardinia, Victor Amadeus III, recognised the annexations de jure and ceded Savoy and Nice to France under the Treaty of Paris of 15 May 1796. This first episode came to an end with Napoleon’s first exile to Elba: the Treaty of Paris of 30 May 1814 restored the eastern part of Savoy to the Kingdom of Sardinia, with the remainder following in 1815. The Chamonix valley returned to Sardinian sovereignty from 1814 to 1860. During this period, the first luxury hotels began to appear. With the Second Italian War of Independence – supported by the armies of Napoleon III – the Counties of Savoy and Nice were ceded to the Kingdom of France.













En juillet 1901, la station inaugure l'arrivée du chemin de fer qui désenclave la vallée. Les années qui suivront voient naître un nouveau Chamonix, vivant désormais au rythme de deux saisons touristiques : l'été et l'hiver. Chamonix devient l'une des premières stations de sports d'hiver en France, avec une capacité hôtelière estimée à 15 000 voyageurs en 1907. C'est durant la saison hivernale de 1906-1907 que la commune connaît sa véritable première grande saison à la suite de l'initiative du Club alpin français. En 1908, est inaugurée une première section du chemin de fer du Montenvers. À cette époque, il fallait près d'une heure pour faire les sept kilomètres permettant d'accéder à la Mer de Glace. En 1924, Chamonix accueille les premiers Jeux olympiques d'hiver. Près de 15 000 personnes assistent aux épreuves et dès lors, Chamonix devient une station touristique très prisée. C'est en 1955 que le téléphérique de l'Aiguille-du-Midi est inauguré. Il relie en deux tronçons la station à 1 038 mètres d'altitude à l'Aiguille-du-Midi à 3 842 mètres. / In July 1901, the resort celebrated the arrival of the railway, which opened up the valley. The years that followed saw the emergence of a new Chamonix, now living to the rhythm of two tourist seasons: summer and winter. Chamonix became one of France’s first winter sports resorts, with an estimated hotel capacity of 15,000 visitors in 1907. It was during the 1906–1907 winter season that the town experienced its first truly major season, following an initiative by the French Alpine Club. In 1908, the first section of the Montenvers Railway was opened. At that time, it took nearly an hour to cover the seven kilometres leading to the Mer de Glace. In 1924, Chamonix hosted the first Winter Olympics. Nearly 15,000 people attended the events and from then on, Chamonix became a highly popular tourist resort. It was in 1955 that the Aiguille du Midi cable car was inaugurated. It connects the resort at an altitude of 1,038 metres to the Aiguille du Midi at 3,842 metres in two sections. 



















De notre côté nous n'avons pas grimpé au sommet de l'Aiguille-du-Midi, mais nous en avons profité pour flâner dans les ruelles colorés et richement fleuries de Chamonix. Avec ses nombreux monuments de la Belle Époque entre les années 1870 et la Première Guerre Mondiale, le centre ville nous rappelle l'engouement touristique dont la ville a bénéficié depuis le XIXe siècle. On passera par exemple devant les façades bigarrées du Rose du Pont, à l'architecture Art Nouveau ou la banque Payot - bâtie en 1927 - avec son style purement Art Déco. Sans oublier l'Église Saint-Michel avec son clocher couronné d'un dôme en oignon, typique des édifices catholiques dans les Alpes. On continue ensuite au Musée des Cristaux de Chamonix. / For our part, we didn’t climb to the summit of the Aiguille du Midi, but we did take the opportunity to stroll through the colourful, flower-filled streets of Chamonix. With its many Belle Époque monuments dating from the 1870s to the First World War, the town centre serves as a reminder of the tourist boom the town has enjoyed since the 19th century. We pass, for example, the colourful façades of the Rose du Pont, with its Art Nouveau architecture, and the Payot Bank – built in 1927 – with its pure Art Deco style. Not to mention Saint-Michel Church with its bell tower crowned by an onion dome, typical of Catholic buildings in the Alps. We then continue on to the Chamonix Crystal Museum.


















Ce musée dédié à la minéralogie et à la gemmologie se concentre notamment sur le massif alpin (France, Italie, Suisse, Autriche) et plus particulièrement le massif du Mont-Blanc et présente un superbe ensemble de fluorines roses, quartz fumés, axinites, sidérites, épidotes. La collection se poursuit autour du monde avec des pièces venant aussi bien du Pakistan que d'Australie, du Pérou, du Congo ou du Brésil. Si le musée a été inauguré en 2005, la recherche de cristaux dans le massif du Mont-Blanc est une pratique très ancienne qui pourrait remonter à l’Antiquité, mais elle est surtout documentée à partir du XVIIe siècle. Avec l’affluence des touristes à Chamonix au XIXe siècle, l’activité de cristallier est florissante et des boutiques naturalistes ouvrent dans le village pour fournir les visiteurs même si cette activité décline progressivement. Dans les années 1950-1960, ce sont quelques guides et alpinistes qui relancent la recherche de cristaux dans le massif du Mont-Blanc avec en 1966 la fondation du Club des jeunes minéralogistes de Chamonix. Nous prenons ensuite le téléphérique de Planpraz pour atteindre le plateau de Planpraz. / This museum, dedicated to mineralogy and gemmology, focuses in particular on the Alps (France, Italy, Switzerland, Austria) and, more specifically, the Mont Blanc massif, and displays a superb collection of pink fluorite, smoky quartz, axinite, siderite and epidote. The collection extends across the globe, featuring specimens from as far afield as Pakistan, Australia, Peru, the Congo and Brazil. Whilst the museum was opened in 2005, the search for crystals in the Mont Blanc massif is a very ancient practice that may date back to antiquity, though it is primarily documented from the 17th century onwards. With the influx of tourists to Chamonix in the 19th century, the crystal-hunting trade flourished and natural history shops opened in the village to supply visitors, although this activity gradually declined. In the 1950s and 1960s, a handful of guides and mountaineers revived crystal hunting in the Mont Blanc massif, culminating in the founding of the Chamonix Young Mineralogists’ Club in 1966. We then take the Planpraz cable car to reach the Planpraz plateau.

















Situé à environ 2000 m d'altitude, le plateau de Planpraz fait face au Mont Blanc et offre des vues splendides sur Chamonix. Il permet de rejoindre - à pied ou en téléphérique - le Brévent à 2525 m d'altitude. Ce qui nous attire ici ceci dit c'est l'un des concerts du CosmoJazz Festival, un festival créé par André Manoukian qui se tient à Chamonix depuis 2010. Lorsque nous y sommes allés en 2024 c'était la chanteuse coréenne Youn Sun Nah qui était sur scène avec comme fond ces majestueuses montagnes enneigées même au pic de l'été. Pour les passionnés de musique, l'édition 2026 se tiendra du 20 au 25 juillet. Les concerts sont entièrement gratuits. Après une montée en téléphérique, nous effectuons bien sûr la descente à pied, en serpentant sans les épaisses forêts de conifères qui entourent Chamonix. / Situated at an altitude of around 2,000 metres, the Planpraz plateau faces Mont Blanc and offers splendid views of Chamonix. From here, you can reach Le Brévent, at an altitude of 2,525 metres, either on foot or by cable car. That said, what draws us here is one of the concerts at the CosmoJazz Festival, a festival created by André Manoukian that has been held in Chamonix since 2010. When we went there in 2024, it was the Korean singer Youn Sun Nah who was on stage, with those majestic snow-capped mountains as a backdrop, even at the height of summer. For music lovers, the 2026 edition will take place from 20 to 25 July. The concerts are completely free. After taking the cable car up, we naturally make our way down on foot, winding our way through the dense coniferous forests that surround Chamonix.











Après notre escapade à Chamonix, nous faisons une rapide halte à Megève. Si les premières mentions de cette petite ville remonte à la fin XVIIe siècle, Megève acquiert ses lettres de noblesse dans les années 1910 lorsque Noémie de Rothschild, épouse du baron Maurice de Rothschild, décide d'en faire un lieu de villégiature concurrent de la station suisse de Saint-Moritz. Convoitée dès ses débuts, Megève devient rapidement une station de sports d'hiver ultra exclusive où se croisent têtes couronnées, stars du showbiz et grands dirigeants du monde entier. Même si je lui trouve un côté un peu trop lisse et cliquant, avec ses boutiques de haute couture et ses palaces, le village en lui même est mignon et mérite une petite promenade. / After our trip to Chamonix, we make a quick stop in Megève. Although the first records of this small town date back to the late 17th century, Megève came into its own in the 1910s when Noémie de Rothschild, wife of Baron Maurice de Rothschild, decided to turn it into a holiday resort to rival the Swiss resort of St Moritz. Sought-after from the very start, Megève quickly became an ultra-exclusive winter sports resort where royalty, showbiz stars and world leaders from all over the globe rub shoulders. Although I find it a bit too polished and pretentious, with its haute couture boutiques and luxury hotels, the village itself is charming and well worth a stroll.















Nous continuons plus au nord pour atteindre la Vallée du Giffre et accéder à la petite ville de Samoëns. Les premières évocations de ce bourg de quelques 2200 habitants nous viennent du XVe siècle lorsque les troupes confédérées de Berne et Lucerne incendient le bourg de Samoëns en juin 1476 et détruisent le château de la Tornaltaz dont on peut toujours observer les ruines dans les hauteurs du Jardin alpin La Jaÿsinia. Du XIVe au XIXe siècle, la réputation des tailleurs de pierre de Samoëns connus sous le nom de "frahans" gagne en prestige et on leur doit la construction de nombreux édifices en Savoie, ainsi des fortifications dans plusieurs régions de France. Certains auraient même été envoyés dans les colonies françaises comme la Louisiane pour l'excellence de leur savoir-faire. / We continue further north to reach the Giffre Valley and the small town of Samoëns. The earliest records of this village of some 2,200 inhabitants date back to the 15th century, when the confederate troops of Bern and Lucerne set fire to the village of Samoëns in June 1476 and destroyed the Château de la Tornaltaz, the ruins of which can still be seen on the heights of the La Jaÿsinia Alpine Garden. From the 14th to the 19th century, the reputation of the stonemasons of Samoëns, known as ‘frahans’, grew in prestige, and they were responsible for the construction of numerous buildings in Savoie, as well as fortifications in several regions of France. Some were even sent to French colonies such as Louisiana for the excellence of their craftsmanship.





















Progressivement Samoëns voit son activité s'orienter vers le tourisme à partir du XXe siècle. Après avoir accompagné la démocratisation des sports d'hiver depuis les années 1960, elle a misé avec succès sur le tourisme estival de montagne ce qui se comprend bien quand on voit les paysages spectaculaires qui entourent Samoëns avec ses pics vertigineux comme l'Aiguille de Criou qui culmine à 2207 m d'altitude. On le voit particulièrement bien depuis les Lacs aux Dames, situés le long du Giffre. Ces deux plans d'eau communiquant ont été créés au début des années 1930 en creusant la roche pour récupérer des graviers servant la construction du ballast utilisé pour supporter les rails des chemins de fer. Aujourd'hui c'est un lieu très apprécié des locaux et s'y baigner était un vrai plaisir pendant cette vague de chaleur. Nous retournons dans le centre de Samoëns pour explorer le splendide Jardin alpin La Jaÿsinia. / From the 20th century onwards, Samoëns gradually shifted its focus towards tourism. Having played a part in making winter sports more accessible since the 1960s, it successfully turned its attention to summer mountain tourism – a move that makes perfect sense when you consider the spectacular landscapes surrounding Samoëns, with its dizzying peaks such as the Aiguille de Criou, which rises to an altitude of 2,207 metres. This is particularly evident from the Lacs aux Dames, situated along the Giffre. These two interconnected lakes were created in the early 1930s by excavating the rock to recover gravel for the construction of the ballast used to support the railway tracks. Today it is a spot much loved by locals, and swimming there was a real treat during this heatwave. We head back to the centre of Samoëns to explore the splendid La Jaÿsinia Alpine Garden.


















Situé sur un terrain calcaire, en pente entre 700 et 780 mètres d’altitude, ce jardin s’étend sur 3,5 hectares. Il est l'œuvre de Marie-Louise Jaÿ - d'où le nom de « Jaÿsinia - née à Samoëns, fondatrice du grand magasin de La Samaritaine à Paris, à l’endroit même où, enfant, elle venait faire paître ses chèvres. Les travaux d'aménagement de ces pentes herbeuses et rocailleuses, par l'architecte Jules Allemand, ont demandé deux ans de travaux - entre 1905 et 1906 - auxquels ont participé quelque 200 ouvriers français et italiens. Marie-Louise Jaÿ offrit ce jardin à sa ville natale en 1906. En 1936, la direction scientifique de La Jaÿsinia est confiée au Muséum national d'histoire naturelle. Le jardin abrite toujours un laboratoire botanique renfermant un herbier remarquable : près de 40 000 spécimens collectés depuis la fin du XIXe siècle, constituant un précieux témoignage de la flore régionale et nationale. / Set on limestone terrain, on a slope at an altitude of between 700 and 780 metres, this garden covers 3.5 hectares. It is the work of Marie-Louise Jaÿ – hence the name ‘Jaÿsinia’ – who was born in Samoëns and founded the La Samaritaine department store in Paris, on the very spot where, as a child, she used to come to graze her goats. The landscaping of these grassy and rocky slopes, carried out by the architect Jules Allemand, took two years – between 1905 and 1906 – and involved some 200 French and Italian workers. Marie-Louise Jaÿ donated this garden to her hometown in 1906. In 1936, scientific management of La Jaÿsinia was entrusted to the National Museum of Natural History. The garden still houses a botanical laboratory containing a remarkable herbarium: nearly 40,000 specimens collected since the late 19th century, constituting a valuable record of the regional and national flora.

















En plus des espèces de montagnes purement européennes, on retrouve de nombreuses autres essences des régions alpines à travers le monde: Amérique du Nord, Chili, Maghreb, Moyen-Orient, Asie Centrale, Chine, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande ou encore Afrique du Sud. En tout ce sont pas moins de 2200 espèces de plantes qui sont représentées. Le long de son sentier en zigzag on profite des nombreuses vues sur Samoëns et on découvrira l'élégante chapelle de la Jaÿsinia, qui date du XVIIe siècle. On reprend ensuite là route pour grimper vers la station Samoëns 1600 pour nous mettre en jambe autour d'une petite randonnée vers le Lac des Gouilles Rouges, à 1780 m d'altitude, en observant les fleurs sauvages et les vaches qui broutent paisiblement. / In addition to purely European mountain species, there are many other plant species from alpine regions around the world: North America, Chile, the Maghreb, the Middle East, Central Asia, China, Japan, Australia, New Zealand and South Africa. In total, no fewer than 2,200 plant species are represented. Along its winding path, you can enjoy numerous views of Samoëns and discover the elegant 17th-century Jaÿsinia Chapel. We then head back to the road to climb up to the Samoëns 1600 resort to warm up with a short hike to Lac des Gouilles Rouges, at an altitude of 1,780 metres, observing the wildflowers and the cows grazing peacefully.
















Cela dit la vraie randonnée qui nous attend se situe un peu plus à l'est de Samoëns, dans la commune de Sixt-Fer-A-Cheval. Si ce village d'à peine 730 habitants est charmant, ce qui nous attire ici c'est le Cirque du Fer-à-Cheval situé dans la Réserve naturelle nationale de Sixt-Passy. Large de quelques 5 kilomètres avec des parois de 500 à 700 mètres de hauteur, ce cirque est entouré de plusieurs sommets approchant 3 000 mètres d'altitude. On notera par exemple le pic de Tenneverge (2 989 m), la pointe de la Finive (2 833 m), le Cheval Blanc (2 831 m) et le Grenier de Commune (2 775 m). Mais ce sont surtout les Cornes du Chamois - qui culminent à 2 562 m - avec leur silhouette très déchiquetées qui sont devenues un emblème du site. Au printemps, plus de trente cascades alimentées par la fonte des neiges jaillissent de ses falaises pour former de courts torrents, affluents du Giffre. / That said, the real hike that awaits us lies a little further east of Samoëns, in the village of Sixt-Fer-à-Cheval. Whilst this village, with a population of just 730, is charming, what draws us here is the Cirque du Fer-à-Cheval, situated within the Sixt-Passy National Nature Reserve. Some 5 kilometres wide with walls ranging from 500 to 700 metres in height, this cirque is surrounded by several peaks approaching 3,000 metres in altitude. Notable examples include the Pic de Tenneverge (2,989 m), the Pointe de la Finive (2,833 m), the Cheval Blanc (2,831 m) and the Grenier de Commune (2,775 m). But it is above all the Cornes du Chamois – which rise to 2,562 m – with their jagged silhouette that have become an emblem of the site. In spring, more than thirty waterfalls fed by melting snow cascade down its cliffs to form short torrents, tributaries of the Giffre.
















Le Cirque du Fer-à-Cheval mérite une journée de visite pour en apprécier tout le gigantisme. Si nous nous sommes restés principalement dans la vallée, à environ 900 m d'altitude, le long du Giffre, le site s'étend dans les montagnes alentours entre forêts de hêtre et d'épicéas, prairies alpines, lacs d'altitude et falaises calcaires quasi verticales. Bien que nous ayons observé des plantes relativement classiques, le site continent des essences rares et spectaculaires comme le lys martagon aux fleurs rose bonbon ou le sabot de Vénus, une élégante orchidée jaune et pourpre que j'ai eu la chance de découvrir pour la première fois en Chartreuse. Côté faune, ces montagnes abritent bouquetins, chevreuils, chamois, sangliers, marmottes sans oublier, dans les airs, l'aigle royal ou le gypaète barbu. / The Cirque du Fer-à-Cheval is well worth a day’s visit to fully appreciate its sheer scale. Whilst we mainly stayed in the valley, at an altitude of around 900 metres, along the Giffre, the site stretches into the surrounding mountains amongst beech and spruce forests, alpine meadows, high-altitude lakes and almost vertical limestone cliffs. Although we saw relatively common plants, the site is home to rare and spectacular species such as the martagon lily with its candy-pink flowers, or the lady’s slipper, an elegant yellow and purple orchid that I was lucky enough to discover for the first time in the Chartreuse. As for wildlife, these mountains are home to ibex, roe deer, chamois, wild boar and marmots, not to mention, in the skies, the golden eagle and the bearded vulture.
 





















Après ces paysages époustouflants on s'assoit un instant pour se rafraîchir, s'étirer et regarder les chevaux s'ébrouer au milieu des fleurs sauvages. Pour finir notre journée nous retourner en station, à Samoëns 1600 pour admirer le soleil se coucher doucement, déguster d'excellents fromages et de la charcuterie de montagne, boire un verre de vin et profiter de la fraîcheur qui s'installe en cette fin de journée. Découvrir la Haute-Savoie que ce soit Chamonix en 2024 ou Samoëns cette année est toujours un grand plaisir et ce n'est que partie remise avant que j'y retourne encore. / After taking in these breathtaking views, we sit down for a moment to cool off, stretch our legs and watch the horses snort amidst the wildflowers. To round off our day, we head back to the resort, Samoëns 1600, to watch the sun set gently, sample some excellent cheeses and mountain charcuterie, enjoy a glass of wine and take in the cool evening air as the day draws to a close. Discovering Haute-Savoie, whether it’s Chamonix in 2024 or Samoëns this year, is always a great pleasure, and it’s only a matter of time before I return once more.

1 commentaire :

  1. Très rafraichissant de découvrir ces beaux paysages de montagne

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