mercredi 8 juillet 2026

Côte d'Azur: Entre Saint-Jean-Cap-Ferrat et Menton / French Riviera: between Saint-Jean-Cap-Ferrat and Menton

Si je cuisine assez peu ces derniers temps, j'en profite pour voyager un peu plus et cette fois je vous amène sur la Côte-d'Azur. C'est ma région natale et même si j'y retourne souvent pour voir mes proches, je n'ai pas forcément écrit beaucoup d'articles sur le sujet. Je vous amène donc cette fois entre Nice et la frontière italienne pour découvrir quelques joyaux de cette région que j'aime tant. Nous commençons notre exploration à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Cette péninsule situé juste à l'est de Nice ne prend son essor qu'à la fin du XIXe siècle. Devenue française - avec le Comté de Nice - qu'en 1860, elle reste très faiblement peuplée avec son petit port de pêcheurs. Séparée de Villefranche-sur-Mer en 1904 elle devient une commune à part entière, alors que la Côte-d'Azur commence à devenir une destination de plus en plus populaire auprès de l'aristocratie européenne, notamment anglaise et russe. Saint-Jean-Cap-Ferrat devient très prisée suite à l’arrivée du Roi Léopold II de Belgique. Les premiers grands domaines sont alors édifiés et la commune devient une station balnéaire à la mode qui accueille des célébrités venues du monde entier: Charlie Chaplin, Elisabeth Taylor, Jean-Paul Belmondo, Romy Schneider, sans oublier des hommes politiques tels que le Général de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Winston Churchill ou encore Bill Clinton. Ce qui nous attire ici c'est un lieu d'exception que je voulais découvrir depuis un moment et qui est probablement le site le plus emblématique de Saint-Jean-Cap-Ferrat: la Villa Ephrussi de Rothschild. / Although I haven’t been cooking much lately, I’m taking the opportunity to travel a bit more, and this time I’m taking you to the French Riviera. It’s my home region, and even though I often go back there to visit my loved ones, I haven’t necessarily written many articles about it. So this time, I’m taking you on a journey between Nice and the Italian border to discover a few gems of this region that I love so much. We’ll start our exploration in Saint-Jean-Cap-Ferrat. This peninsula, located just east of Nice, didn’t really begin to flourish until the late 19th century. It didn’t become part of France—along with the County of Nice—until 1860, and remained sparsely populated with just its small fishing port. Separated from Villefranche-sur-Mer in 1904, it became a municipality in its own right, just as the French Riviera was beginning to gain popularity among the European aristocracy, particularly the English and Russian. Saint-Jean-Cap-Ferrat became highly sought-after following the arrival of King Leopold II of Belgium. The first large estates were then built, and the town became a fashionable seaside resort that welcomed celebrities from around the world: Charlie Chaplin, Elizabeth Taylor, Jean-Paul Belmondo, Romy Schneider, not to mention politicians such as General de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Winston Churchill, and Bill Clinton. What draws us here is an exceptional place that I've wanted to visit for a while and that is probably the most iconic site in Saint-Jean-Cap-Ferrat: the Villa Ephrussi de Rothschild.
















Inspirée des palais italiens de la Renaissance, cette villa d'exception fut construite entre 1905 et 1912 pour la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild. A l'instar de nombreux autres membres de la famille Rothschild, la baronne est une philanthrope, doublée d'une collectionneuse avide et d'une grande amatrice d'art et d'artisanat européen du XVIIIe siècle.  Si Béatrice et son époux Maurice Ephrussi sont curieux d'architecture, de nature et d'art, le couple se sépare en 1904, la baronne reprochant à son mari son addiction au jeu. Elle découvre le cap Ferrat en 1905 et séduite par la beauté naturelle du site, elle acquiert sept hectares de terrain rocheux sur la partie la plus étroite de la presqu'île. Pas moins de cinq années de travaux titanesques seront nécessaires pour construire cette demeure. Plusieurs architectes sont pressentis dont Jacques Marcel Auburtin, Prix de Rome, dont le projet séduit Béatrice. Ce dernier confie à Aaron Messiah la construction de la villa initialement appelée "Île-de-France", ainsi nommée en raison de la forme du jardin semblable au pont d'un navire, en souvenir d'une croisière de la baronne à bord du paquebot Île-de-France. Béatrice lègue à sa mort en 1934 la gestion de sa villa à une fondation portant son nom pour y ouvrir un musée. Le 2 avril 1938, le musée s'ouvre au public après un travail de remise en état de la villa et de son jardin mais doit rapidement fermer au début de la Seconde Guerre mondiale. Rapidement réouverte, la villa est restée l'un des sites les plus visitées de la Côte-d'Azur. / Inspired by Italian Renaissance palaces, this exceptional villa was built between 1905 and 1912 for Baroness Béatrice Ephrussi de Rothschild. Like many other members of the Rothschild family, the baroness was a philanthropist, as well as an avid collector and a great lover of 18th-century European art and crafts. Although Béatrice and her husband Maurice Ephrussi shared a passion for architecture, nature, and art, the couple separated in 1904, with the baroness accusing her husband of a gambling addiction. She discovered Cap Ferrat in 1905 and, captivated by the site’s natural beauty, purchased seven hectares of rocky land at the narrowest point of the peninsula. It took no less than five years of titanic effort to build this residence. Several architects were considered, including Jacques Marcel Auburtin, winner of the Prix de Rome, whose design appealed to Béatrice. Auburtin entrusted Aaron Messiah with the construction of the villa, initially named “Île-de-France”—so called because the shape of the garden resembled a ship’s deck, in memory of a cruise the baroness had taken aboard the ocean liner Île-de-France. Upon her death in 1934, Béatrice bequeathed the management of her villa to a foundation bearing her name so that a museum could be opened there. On April 2, 1938, the museum opened to the public following restoration work on the villa and its garden, but was forced to close shortly thereafter at the start of World War II. It reopened soon after and has remained one of the most visited sites on the French Riviera.




















Connue pour son goût pour l'excentricité, Béatrice, dès que la villa est habitable en 1912, exige partout sa couleur fétiche: le rose. Elle fait aménager cette demeure en une suite de salons, galeries, cabinets, chambres et boudoirs. Ces salles sont majoritairement décorés d'artefacts du XVIIIe siècle: boiseries, horloges, tapisseries, lustres, instruments de musique, bronzes et mobilier, dont beaucoup de pièces ayant appartenu à la noblesse française, de Louis XV à Marie-Antoinette, en passant par Madame de Pompadour. Le patio où Béatrice donne ses réceptions se compose de colonnades en marbre rose de Vérone soutenant des arcades de style Renaissance italienne. Au-dessus, on peut apercevoir des galeries aux voûtes hispano-mauresques bordées de balcons où se tenaient les musiciens. Le patio a gardé sa vocation de galerie et présente un ensemble d'œuvres d'art médiéval et Renaissance. / Known for her penchant for eccentricity, Béatrice, as soon as the villa was ready for occupancy in 1912, insisted that her favorite color—pink—be used throughout. She had the residence transformed into a series of salons, galleries, studies, bedrooms, and boudoirs. These rooms are primarily decorated with 18th-century artifacts: wood paneling, clocks, tapestries, chandeliers, musical instruments, bronzes, and furniture, many of which once belonged to the French nobility, from Louis XV to Marie Antoinette, including Madame de Pompadour. The patio where Béatrice hosts her receptions features colonnades of pink Verona marble supporting Italian Renaissance-style arcades. Above, one can see galleries with Hispano-Moorish vaults lined with balconies where musicians once performed. The patio has retained its function as a gallery and displays a collection of medieval and Renaissance works of art.
















La collection de porcelaines de Vincennes et de Sèvres d'Ephrussi de Rothschild rassemble des pièces exceptionnelles qui en font l'une des plus belles du genre. On retrouvera ainsi plusieurs salles présentant d'innombrables services à thé, assiettes, coupes et figurines aux couleurs éclatantes. La salle à manger de la baronne est actuellement transformée en restaurant-salon de thé qui offre aux visiteurs un moment de détente dans un cadre unique. Mais on pourra découvrir également des porcelaines de Meissen, de Berlin ou de Würzburg, du XVIIIe siècle. A ne pas rater également, le petit salon des Singeries avec ses boiseries et figurines de singes habillés en humain, qui fascinaient les cours d'Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles. La loggia florentine, agrémentée d'intéressantes pièces en fer forgé, permet d'embrasser du regard les baies de Beaulieu et de Villefranche, le Cap-Ferrat et bien sûr les jardins. C'est d'ailleurs dans cette partie que nous continuons. En effet, en plus des superbes parterres à la française qui se prolongent face à la villa, le site est entouré un assemblage de jardins, tout aussi exubérant que la villa elle même. / The Ephrussi de Rothschild collection of Vincennes and Sèvres porcelain features exceptional pieces that make it one of the finest of its kind. Several rooms showcase countless tea sets, plates, bowls, and figurines in vibrant colors. The baroness’s dining room has been transformed into a restaurant and tea room, offering visitors a chance to relax in a unique setting. Visitors can also admire 18th-century porcelain from Meissen, Berlin, and Würzburg. Also not to be missed is the small “Singeries” salon, with its wood paneling and figurines of monkeys dressed as humans—a subject that fascinated the courts of Europe in the 17th and 18th centuries. The Florentine loggia, adorned with interesting wrought-iron pieces, offers a sweeping view of the bays of Beaulieu and Villefranche, Cap-Ferrat, and, of course, the gardens. It is in this part of the grounds that we’ll continue our tour. In addition to the superb French-style flowerbeds that stretch out in front of the villa, the site is surrounded by a collection of gardens just as exuberant as the villa itself.



















Attribués aux paysagistes Achille Duchêne et Harold Peto, les jardins présentent différents styles, à la française bien sûr, mais également japonais, exotique, espagnol ou florentin. Sans oublier une roseraie, plantées de rosiers roses, évidemment. Les parterres à la française sont dominées par un temple de l'Amour et une cascade à degrés qui se terminent dans un immense bassin avec des jeux d'eau. On se promène sous les pins, les palmiers, les oliviers et les cyprès à la découverte du jardin exotique, présentant une sublime collection de plantes succulentes, dont certains spécimens atteignant une taille plus que spectaculaire. Durement impacté par la vague de froid de l'hiver 1985, ce jardin fut méticuleusement replanté. En 2003 le jardin japonais est restauré par le professeur Shigeo Fukuhara et planté de bambous, hortensia, rhododendrons, érables, cycas et gardénias. On déambule ainsi au milieu des plantes succulentes sous le soleil cuisant ou dans la fraîcheur de la bambouseraie, le long des terrasses avec leur splendide vue mer ou encore dans les sous-bois plantés d'agapanthes et de cannas. / Attributed to landscape architects Achille Duchêne and Harold Peto, the gardens feature various styles—French, of course, but also Japanese, exotic, Spanish, and Florentine. Not to mention a rose garden, planted with pink roses, naturally. The French-style flowerbeds are dominated by a Temple of Love and a tiered waterfall that flows into a huge pond with water features. Visitors can stroll beneath pine trees, palm trees, olive trees, and cypresses as they explore the exotic garden, which features a sublime collection of succulents, some of which have grown to truly spectacular sizes. Severely damaged by the cold snap of the winter of 1985, this garden was meticulously replanted. In 2003, the Japanese garden was restored by Professor Shigeo Fukuhara and planted with bamboo, hydrangeas, rhododendrons, maples, cycads, and gardenias. Visitors can stroll among the succulents under the scorching sun or in the cool shade of the bamboo grove, along the terraces with their splendid sea views, or through the undergrowth planted with agapanthus and cannas.


















Après cette visite grandiose, nous reprenons la route vers Roquebrune-Cap-Martin, non pas au bord de mer, mais côté village, dans les hauteurs. En effet cette commune de quelques 12 000 habitants - situé à deux pas de Monaco - se caractérise pas son charmant village médiéval accroché à la montagne. Traversée par la Via Augusta - reliant la Provence à Rome - la région présente des excavations romaines comme le Mausolée de Lumone, situé entre la vieille ville et le Cap Martin. La fondation de Roquebrune en tant que telle remonte à 970 par le comte de Vintimille, Conrad Ier, notamment pour renforcer la protection de sa frontière occidentale. La forteresse que l'on connaît aujourd'hui comprend alors tout le village. En 1355 Roquebrune et Menton deviennent la possession de la famille des Grimaldi pour cinq siècles avant de devenir française en 1793 puis redeviennent monégasques en 1814. La ville est rattaché à la France en 1861 après l'unification italienne et la sécession de la ville par la Principauté de Monaco. / After this spectacular visit, we head back toward Roquebrune-Cap-Martin—not to the seaside, but to the village area, up in the hills. Indeed, this town of some 12,000 residents—located just a stone’s throw from Monaco—is known for its charming medieval village clinging to the mountainside. Crossed by the Via Augusta—which connected Provence to Rome—the region features Roman ruins such as the Mausoleum of Lumone, located between the old town and Cap Martin. Roquebrune itself was founded in 970 by Conrad I, Count of Ventimiglia, primarily to strengthen the defense of his western border. The fortress as we know it today encompassed the entire village at that time. In 1355, Roquebrune and Menton became the property of the Grimaldi family for five centuries before becoming part of France in 1793 and then returning to Monegasque rule in 1814. The town was annexed by France in 1861 following Italian unification and its secession from Monaco.
 










À partir du milieu du XIXe siècle, avec la construction de la ligne de chemin de fer Marseille-Vintimille, cette partie de la côte est progressivement désenclavée et attire l'aristocratie européenne comme Élisabeth de Wittelsbach - mieux connue sous le nom de Sissi - ou Eugénie, veuve de Napoléon III, puis plus tard artistes, politiciens et célébrités. Si Roquebrune-Cap-Martin possède un grand nombre de villas d'époque construites notamment dans les années 1900, le plupart sont aujourd'hui privatisées. Nous resterons ainsi dans le centre historique qui présente tout le charme des villages de la régions avec ses ruelles étroites et pentues, ses façades aux couleurs vives et ses petits jardinets remplis de fleurs. / Starting in the mid-19th century, with the construction of the Marseille-Ventimiglia railroad line, this part of the coast gradually became more accessible and began to attract members of the European aristocracy, such as Elisabeth of Wittelsbach—better known as Sissi—and Eugénie, the widow of Napoleon III, and later artists, politicians, and celebrities. While Roquebrune-Cap-Martin boasts a large number of period villas built primarily in the 1900s, most are now privately owned. We will therefore focus on the historic center, which embodies all the charm of the region’s villages with its narrow, steep streets, brightly colored facades, and small gardens filled with flowers. 


















Nous continuons à peine plus loin pour découvrir Èze, probablement l'un des villages les plus pentus de France, accroché à flan de falaise. Si les traces d'occupation les plus anciennes remontent au IIe siècle av. J.-C., le nom de "Èze" commence à apparaître plus formellement à partir du XIVe siècle. Jusqu'au début du XIXe siècle, Èze englobait La Trinité, qui en a été détachée en 1818. En réalité cette commune d'à peine 2144 habitants s'étire jusqu'au bord de mer, ici frangé d'une petite plage de galets. Même si bien sûr c'est avant tout son joli village médiéval qui nous attire ici. Avec ses ruelles sinueuses, ses maisons en pierres et ses nombreuses boutiques, Èze est un lieu charmant, très sollicité par les touristes et il est parfois un peu difficile de s'y promener en plein été. Pourtant il faudra grimper jusqu'au sommet du village pour atteindre ce qui m'amène vraiment ici: le Jardin exotique d'Èze. / We continue just a little further to discover Èze, probably one of the steepest villages in France, clinging to the side of a cliff. While the earliest traces of settlement date back to the 2nd century B.C., the name “Èze” began to appear more formally starting in the 14th century. Until the early 19th century, Èze included La Trinité, which was separated from it in 1818. In fact, this town of just 2,144 residents stretches all the way to the seaside, where it’s bordered by a small pebble beach. Of course, it’s primarily its charming medieval village that draws us here. With its winding alleyways, stone houses, and numerous shops, Èze is a charming place, very popular with tourists, and it can sometimes be a bit difficult to stroll around there in the middle of summer. However, you’ll have to climb to the top of the village to reach what really brings me here: the Exotic Garden of Èze.

























Fondé en 1949 le Jardin exotique d'Èze a été créé en partie sur les ruines de l'ancien château, dont Louis XIV avait ordonné la destruction. Dès le XIXe siècle ces ruines attirent déjà des touristes qui viennent admirer l'incroyable vue notamment sur Saint-Jean-Cap-Ferrat. C’est là qu’André Gianton, le maire de l’époque, avec le concours de Jean Gastaud, père du Jardin exotique de Monaco, a décidé de créer un jardin exotique. Le site est bien abrité des vents du nord par le plateau de la Revère et sa déclivité assure un drainage efficace. Un terrain parfait pour ces plantes adaptées à la sécheresse: cactus imposants en forme de boules hérissés d'épines, figuiers de Barbarie avec leurs "raquettes" couvertes de minuscules poils urticants, féroces agaves mexicaines, aloès aux épis de fleurs oranges, euphorbes géantes en forme de chandelier ou encore délicates ficoïdes aux milliers de fleurs mauves. Un mince ruisseau serpente entre les roches, offrant de l'humidité pour des espèces tropicales comme les oiseaux de paradis, les philodendrons et les fougères arborescentes. / Founded in 1949, the Exotic Garden of Èze was created in part on the ruins of the old castle, which Louis XIV had ordered to be destroyed. As early as the 19th century, these ruins were already attracting tourists who came to admire the incredible view, particularly of Saint-Jean-Cap-Ferrat. It was there that André Gianton, the mayor at the time, with the help of Jean Gastaud—the founder of the Exotic Garden of Monaco—decided to create an exotic garden. The site is well sheltered from the north winds by the Revère plateau, and its slope ensures effective drainage. It is the perfect terrain for these drought-tolerant plants: imposing, spiny, ball-shaped cacti, prickly pear cacti with their “paddles” covered in tiny stinging hairs, fierce Mexican agaves, aloes with spikes of orange flowers, giant candlestick-shaped euphorbias, and delicate ficoids with thousands of mauve flowers. A narrow stream winds its way between the rocks, providing moisture for tropical species such as birds of paradise, philodendrons, and tree ferns.





















Après Èze nous filons vers l'Italie pour explorer la plus orientale des villes de la Côte-d'Azur: Menton. J'ai déjà eu la chance de visiter plusieurs fois celle que le grand géographe du XIXe siècle - Élisée Reclus - surnommait "La Perle de France", notamment pour ses jardins. En effet Menton grâce à sa position géographique - protégé du vent du Nord par d'imposantes montagnes - possède un microclimat incroyablement doux pour une ville située à cette latitude. Ici, si je ne vous amène pas dans les jardins de Menton, impossible de rater - même en le voulant - l'exubérante flore tropicale qui décore les espaces verts de la ville. Acquise en 1346 par Charles Grimaldi de Monaco, Menton resta sous la suzeraineté des princes monégasques pendant cinq siècles, jusqu’en 1848, époque où elle se proclama Ville Libre avec sa voisine Roquebrune, en se plaçant sous la protection du roi de Sardaigne. Menton n’a ainsi jamais fait partie du comté de Nice historique. C'est durant cette période qu'est bâti le bastion - entre 1636 et 1639 - en bord de mer, qui accueille une partie des collections du Musée Jean Cocteau. C'est à peu près à la même période qu'est construite la superbe Basilique Saint-Michel-Archange de Menton, de style baroque, dont le clocher domine la vieille ville. Avec des bâtiments aux couleurs lumineuses, le centre historique n'est pas sans rappeler les villes de la Riviera italienne comme Sanremo ou Bordighera. / After Èze, we head toward Italy to explore the easternmost town on the French Riviera: Menton. I’ve already had the chance to visit several times the town that the great 19th-century geographer—Élisée Reclus—nicknamed “The Pearl of France,” particularly for its gardens. Indeed, thanks to its geographical location—protected from the north wind by imposing mountains—Menton enjoys an incredibly mild microclimate for a city at this latitude. Here, even if I don’t take you to Menton’s gardens, it’s impossible to miss—even if you tried—the exuberant tropical flora that adorns the city’s green spaces. Acquired in 1346 by Charles Grimaldi of Monaco, Menton remained under the suzerainty of the Monegasque princes for five centuries, until 1848, when it proclaimed itself a Free City along with its neighbor Roquebrune, placing itself under the protection of the King of Sardinia. Menton thus never formed part of the historic County of Nice. It was during this period that the bastion—built between 1636 and 1639—was constructed along the seafront; it now houses part of the collections of the Jean Cocteau Museum. Around the same time, the magnificent Baroque-style Basilica of Saint Michael the Archangel in Menton was built, its bell tower dominating the old town. With its brightly colored buildings, the historic center is reminiscent of towns on the Italian Riviera such as Sanremo or Bordighera.


























Parallèlement à son rattachement à la France avec le reste du comté de Nice en 1861, Menton voit l'arrivée progressive d'une aristocratie européenne désireuse de profiter du climat doux et ensoleillé de la Côte-d'Azur. Progressivement la ville se couvre ainsi d'opulents hôtels particuliers et de villas privés entourés de jardins exotiques. On notera par exemple le sublime Grand Hôtel d'Orient, bâti en 1874 mais redécoré dans les années 1920 façon palais des 1001 nuits. Sans oublier également l'imposant Palais de l'Europe, ouvert depuis 1909, avec son cachet typique de la Belle Epoque. Il fut un Casino puis un hôpital pendant la guerre. Aujourd'hui il est le Palais des Congrès et la plus grande salle de spectacle de Menton. L'actuel casino de Menton - bâti dans les années 1930 - se situe à quelques dizaines de mètres de là, mais face à la mer. C'est d'ailleurs de ce côté que nous allons pour nous tremper un peu et terminer cette journée. / Along with its annexation to France along with the rest of the County of Nice in 1861, Menton saw the gradual arrival of a European aristocracy eager to enjoy the mild, sunny climate of the French Riviera. Gradually, the city became dotted with opulent mansions and private villas surrounded by exotic gardens. Notable examples include the sublime Grand Hôtel d’Orient, built in 1874 but redecorated in the 1920s in the style of a palace from "One Thousand and One Nights". Also worth mentioning is the imposing Palais de l’Europe, open since 1909, with its distinctive Belle Époque charm. It served as a casino and then as a hospital during the war. Today it serves as the Palais des Congrès and is Menton’s largest performance venue. The current Menton casino—built in the 1930s—is located just a few dozen meters away, but facing the sea. In fact, that’s where we’re headed to take a quick dip and wrap up the day.
























Alors que le soleil baisse lentement, nous finissons ce périple lumineux au cœur de la Côte-d'Azur, région que je connais bien et pourtant que je redécouvre à chaque fois avec toujours le même plaisir. En espérant que ce court billet vous aura plus et à très vite pour de nouvelles recettes. / As the sun slowly sets, we bring this luminous journey to a close in the heart of the French Riviera, a region I know well and yet rediscover with the same delight every time. I hope you enjoyed this short post, and I’ll see you soon with some new recipes.