Après vous avoir amené en Italie au tout début de l'année, je retourne en Europe du Sud, mais cette fois plus à l'ouest pour poser mes valises en Espagne et plus précisément à Málaga. Lors de mon dernier séjour dans ce pays en 2021 j'ai eu la chance de découvrir des villes sublimes comme Séville, Cordoue ou encore Grenade, mais je m'étais juré de retourner en Andalousie, côté mer, pour explorer Málaga. Avec 580 000 habitants - et presque un million avec sa banlieue - elle est la deuxième ville de la région andalouse. Si on connaît souvent Málaga comme un lieu de fête, symbole du surtourisme dont souffre parfois l'Espagne, elle offre aussi - notamment en hiver - un visage différent, à ceux qui veulent bien le découvrir. Fondée par les Phéniciens au VIIIe siècle av. J.-C. sous le nom de Malakka, elle passe sous le contrôle des Carthaginois, puis des Romains. Sous Auguste, premier empereur de Rome, elle se dote d'un théâtre. Prise par les Vandales, venus de Scandinavie, en 411, puis reconquise par l'empereur byzantin Justinien, elle est reprise par les Wisigoths en 615. Comme dans beaucoup de villes andalouses, ce sont cependant les Arabes qui laisseront l'emprunte la plus indélébile. Et pour en avoir un aperçu, on grimpe dans les hauteurs de la vieille ville pour découvrir l'Alcazaba de Málaga. / After taking you to Italy at the beginning of the year, I'm returning to Southern Europe, but this time further west to settle in Spain, specifically in Málaga. During my last trip to this country in 2021, I had the chance to discover beautiful cities such as Seville, Córdoba and Granada, but I promised myself I would return to Andalusia, on the coast, to explore Málaga. With 580,000 inhabitants – and almost a million including its suburbs – it is the second largest city in the Andalusia region. Although Málaga is often known as a party destination, a symbol of the overtourism that Spain sometimes suffers from, it also offers a different side to those willing to discover it, especially in winter. Founded by the Phoenicians in the 8th century BC under the name Malakka, it came under the control of the Carthaginians, then the Romans. Under Augustus, the first emperor of Rome, it acquired a theatre. Taken by the Vandals, who came from Scandinavia, in 411, then reconquered by the Byzantine emperor Justinian, it was retaken by the Visigoths in 615. As in many Andalusian cities, however, it was the Arabs who left the most indelible mark. To get a glimpse of this, climb to the heights of the old town to discover the Alcazaba de Málaga.
Prise une première fois en 716 par les Maures, la ville - appelée "Mālaqah" en arabe - est définitivement conquise en 743 et annexée à l'Émirat de Cordoue en 755. La période islamique favorise le développement de la ville et de ses campagnes, grâce à l'amélioration de l'irrigation ébauchée par les Romains. La ville renforce sa puissance grâce à son port et son chantier naval, portant le nom de "Atarazanas". Les Génois installent un comptoir dans la ville qui devient une étape importante des routes commerciales. La ville est réputée pour sa production de céramique largement exportée vers les royaumes chrétiens. Avec l'effritement du pouvoir musulman dans la Péninsule ibérique la ville sera intégrée à l'Émirat de Grenade, gouverné par la Dynastie des Nasrides, connus pour avoir fait bâtir l'Alhambra. Málaga fait d'ailleurs partie des dernières villes prises par les Chrétiens, en 1487, seulement 5 ans avant la fin de la Reconquista. / First captured in 716 by the Moors, the city – known as ‘Mālaqah’ in Arabic – was definitively conquered in 743 and annexed to the Emirate of Cordoba in 755. The Islamic period fostered the development of the city and its surrounding countryside, thanks to improvements to the irrigation system first established by the Romans. The city strengthened its power thanks to its port and shipyard, known as ‘Atarazanas’. The Genoese established a trading post in the city, which became an important stop on trade routes. The city was renowned for its ceramic production, which was widely exported to Christian kingdoms. With the decline of Muslim power in the Iberian Peninsula, the city was incorporated into the Emirate of Granada, ruled by the Nasrid dynasty, known for building the Alhambra. Málaga was one of the last cities to be taken by the Christians in 1487, just five years before the end of the Reconquista.
L'Alcazaba de Málaga est à la fois un palais et une forteresse bâtie par la Taifa des Hammudites au XIe siècle, sur les vestiges d'une forteresse romaine. En plus de son rôle défensif, l'Alcazaba fut la résidence du gouverneur de la ville et offre une vue spectaculaire sur la mer et sur l'actuel port. Elle fut autrefois reliée aux remparts de la ville aujourd'hui disparus, qui formaient une enceinte flanquée de 30 tours et 20 portes fortifiées. Les ruines du Théâtre romain datant du Ier siècle apr. J.-C. furent utilisées par les Maures pour la construction de l'Alcazaba. On emprunte un chemin abrupt qui traverse une série de portes massives pour accéder à l'enceinte interne de l'Alcazaba. Les appartements du gouverneur se découpent en plusieurs patios avec des colonnes finement ouvragées, de larges bassins et des plafonds en bois sculpté, le tout à l'ombre des palmiers, orangers, bougainvilliers et cyprès. Bien que l'Alcazaba soit reliée au Castillo du Gibralfaro, les deux fortifications sont deux monuments distincts et d'époques différentes, ce dernier datant du XIVe siècle. Par contre les deux sites offrent tout deux de magnifiques vues sur la ville et la mer. C'est de ce côté que l'on continue pour découvrir l'Hôtel de ville et le superbe Parque de Málaga. / The Alcazaba of Málaga is a palace and fortress built by the Hammudid Taifa in the 11th century on the remains of a Roman fortress. In addition to its defensive role, the Alcazaba was the residence of the city's governor and offers spectacular views of the sea and the current harbour. It was once connected to the city walls, which have now disappeared, forming an enclosure flanked by 30 towers and 20 fortified gates. The ruins of the Roman theatre dating from the 1st century AD were used by the Moors for the construction of the Alcazaba. A steep path through a series of massive gates leads to the inner enclosure of the Alcazaba. The governor's apartments are divided into several courtyards with finely crafted columns, large pools and carved wooden ceilings, all shaded by palm trees, orange trees, bougainvilleas and cypresses. Although the Alcazaba is connected to the Castillo del Gibralfaro, the two fortifications are two separate monuments from different periods, the latter dating from the 14th century. However, both sites offer magnificent views of the city and the sea. Continue on this side to discover the Town Hall and the superb Parque de Málaga.
Portant le nom de Casa consistorial de Málaga en espagnol, l'hôtel de ville est un superbe bâtiment néo-baroque inauguré en 1919, immédiatement reconnaissable avec sa façade jaune finement décorée. Ses intérieurs méritent également le détour avec notamment de magnifiques vitraux créés par la Maison Mauméjean, relatant divers événements reliés à l'histoire de Málaga. L'hôtel de ville se situe en prolongement du Rectorat de l'Université de Málaga et de la Sucursale de la Banque d'Espagne, bâtis respectivement en 1916 et 1936. Ces trois bâtiments font face au Parque de Málaga, conçu à partir de 1897. Ce poumon vert de 33 hectares connecte le centre historique d’un côté avec le port, les plages et les quartiers de Soho et de Malagueta. Véritable havre de paix il ravira les amoureux de plantes exotiques avec ses allées de palmiers, oiseaux de paradis, hibiscus et autres essences tropicales. Il va sans dire que Málaga est l'une des villes européennes les plus chaudes en hiver avec des températures rarement inférieures à 15°C en plein mois de janvier, la dernière chute de neige qu'a connu la ville datant de 1954. / Known as Casa consistorial de Málaga in Spanish, the town hall is a magnificent neo-baroque building inaugurated in 1919, immediately recognisable by its finely decorated yellow façade. Its interiors are also worth a visit, notably featuring magnificent stained glass windows created by Maison Mauméjean, depicting various events related to the history of Málaga. The Town Hall is located next to the Rectorate of the University of Málaga and the Bank of Spain branch, built in 1916 and 1936 respectively. These three buildings face the Parque de Málaga, designed in 1897. This 33-hectare green lung connects the historic centre on one side with the port, beaches and neighbourhoods of Soho and Malagueta. A true haven of peace, it will delight lovers of exotic plants with its avenues of palm trees, birds of paradise, hibiscus and other tropical species. It goes without saying that Málaga is one of the warmest European cities in winter, with temperatures rarely falling below 15°C in the middle of January. The last time it snowed in the city was in 1954.
On poursuit notre promenade vers le bord de mer dans le quartier de Malagueta. S'étirant le long d'une large plage de sable gris du même nom, ce coin de Málaga est très populaire et on en profite pour lézarder au soleil l'espace d'un instant, ce qui est un luxe en Europe en plein mois de janvier. La Malagueta est connu entre autre pour ses arènes dédiées à la tauromachie - ou "Plaza de toros de Málaga" - inaugurées en 1876, son phare bâti en 1817 et de nombreux immeubles bourgeois, ainsi que l'élégant Hôtel Miramar, ouvert en 1926, inspiré des palaces de la Côte d'Azur. Ce quartier est bien sûr entouré d'un bon nombre de tours d'habitation et de résidences pour touristes pas toujours très jolies, bâties lors du boom touristique des années 1960-1970. / We continue our walk towards the seafront in the Malagueta neighbourhood. Stretching along a wide grey sandy beach of the same name, this corner of Málaga is very popular and we take the opportunity to bask in the sun for a moment, which is a luxury in Europe in the middle of January. La Malagueta is known, among other things, for its bullring - or ‘Plaza de toros de Málaga’ - inaugurated in 1876, its lighthouse built in 1817 and numerous bourgeois buildings, as well as the elegant Hotel Miramar, opened in 1926, inspired by the palaces of the Côte d'Azur. This neighbourhood is, of course, surrounded by a number of tower blocks and tourist residences, not always very attractive, built during the tourist boom of the 1960-1970s.
Nous longeons le port pour retourner lentement dans la vieille ville. Si l'Alcazaba est le symbole d'une longue présence musulmane dans la cité andalouse, la Cathédrale de l'Incarnation de Málaga domine fièrement le centre historique avec son clocher qui culmine à pas moins de 87 m de hauteur, en faisant la plus haute cathédrale d'Andalousie. Construite à l'emplacement de la Mosquée-Aljama, les travaux commencèrent durant la première moitié du XVIe siècle et continuèrent jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Ainsi le bâtiment présentent des éléments gothiques et renaissance alors que la façade principale arbore une décoration baroque. Si la ville dès le XVIe siècle est largement repeuplé par des Chrétiens, elle conserve son activité marchande en servant notamment de débouché maritime pour les régions de Grenade, Cordoue et Jaén. Activité qui ne fait que se développer avec l'expansion coloniale espagnole dans les Amériques. / We walk along the harbour to slowly return to the old town. While the Alcazaba is the symbol of a long Muslim presence in the Andalusian city, Málaga Cathedral proudly dominates the historic centre with its bell tower rising to a height of no less than 87 metres, making it the tallest cathedral in Andalusia. Built on the site of the Aljama Mosque, work began in the first half of the 16th century and continued until the end of the 18th century. As a result, the building features Gothic and Renaissance elements, while the main façade is decorated in the Baroque style. Although the city was largely repopulated by Christians from the 16th century onwards, it retained its commercial activity, serving in particular as a maritime outlet for the regions of Granada, Cordoba and Jaén. This activity only grew with the Spanish colonial expansion in the Americas.
Au XIXe siècle, Málaga est devenue l'un des principaux centres industriels d'Espagne. La ville a connu un essor économique grâce à l'implantation d'usines et à l'exploitation de ses ressources naturelles. Certaines des premières usines textiles, sidérurgiques et métallurgiques du pays ont été créées ici. On retrouve de nombreux bâtiments notables de cette période à travers la vieille ville et les avenues alentours, comme le superbe Marché central de Atarazanas. Le bâtiment actuel, œuvre de l'architecte Joaquín Rucoba, a été bâti entre 1876 et 1879. Il occupe l'endroit où se trouvait un atelier naval d'origine nasride. Seule l'ancienne porte en marbre de l'édifice d'origine a été conservée. On s'y arrêtera bien sûr pour déguster quelques fruits de mer délicieusement frais. / In the 19th century, Málaga became one of Spain's main industrial centres. The city experienced economic growth thanks to the establishment of factories and the exploitation of its natural resources. Some of the country's first textile, steel and metalworking factories were set up here. Many notable buildings from this period can be found throughout the old town and surrounding avenues, such as the magnificent Central Market in Atarazanas. The current building, designed by architect Joaquín Rucoba, was built between 1876 and 1879. It stands on the site of a Nasrid shipyard. Only the old marble door of the original building has been preserved. Of course, we will stop here to enjoy some deliciously fresh seafood.
Nous continuons notre promenade pour aller au musée. La ville ne manque d'ailleurs pas sites culturels avec notamment le Musée Pablo Picasso, né dans cette même ville en 1881, le Musée Carmen-Thyssen exposant principalement des œuvres de peintres espagnols du XIXe et du XXe siècle sans oublier le Centre Pompidou Málaga - inauguré en 2015 - dont le bâtiment se dresse tel un cube multicolore sur le port. De notre côté nous allons au Musée de Málaga. Logeant dans l'imposant Palacio de la Aduana - "Palais des douanes" - datant de 1788, ce lieu est né de la fusion du Musée des Beaux Arts (1913) et du Musée d'archéologie (1947). Avec pas moins de 2000 peintures et 15 000 artefacts, il s'agit du plus grand musée d'Andalousie. / We continue our walk to the museum. The city has no shortage of cultural sites, including the Picasso Museum, named after the artist who was born here in 1881, the Carmen Thyssen Museum, which mainly exhibits works by 19th- and 20th-century Spanish painters, and the Pompidou Centre Málaga, inaugurated in 2015, whose building stands like a multicoloured cube on the harbour. We are heading to the Málaga Museum. Housed in the imposing Palacio de la Aduana (Customs Palace) dating from 1788, this museum was created from the merger of the Museum of Fine Arts (1913) and the Archaeological Museum (1947). With no fewer than 2,000 paintings and 15,000 artefacts, it is the largest museum in Andalusia.
C'est toujours un plaisir pour moi d'explorer des musées locaux qui mettent en évidence des artistes que l'on ne connaît pas toujours en dehors des frontières de leurs terres natales. Avec l'établissement en 1851 de l'Académie royale des beaux-arts de San Telmo à Malaga, une série d'artistes s'y regroupent comme Bernardo Ferrándiz y Bádenes, Carlos de Haes, Antonio Muñoz Degrain, Emilio Ocón y Riva, Enrique Simonet Lombardo, Pedro Sáenz Sáenz et José Moreno Carbonero, faisant de la ville un centre artistique important en Espagne. En plus des peintures, on retrouvera une très riche collections d'artefacts allant des silex préhistoriques jusqu'aux céramiques arabes en passant par les mosaïques romaines et les statues grecques. Avec son agencement lumineux et ses explications détaillées, le Musée de Málaga ravira les passionnés d'art et d'histoire. / It is always a pleasure for me to explore local museums that showcase artists who are not always known outside their native lands. With the establishment of the Royal Academy of Fine Arts of San Telmo in Malaga in 1851, a group of artists gathered there, including Bernardo Ferrándiz y Bádenes, Carlos de Haes, Antonio Muñoz Degrain, Emilio Ocón y Riva, Enrique Simonet Lombardo, Pedro Sáenz Sáenz and José Moreno Carbonero, making the city an important artistic centre in Spain. In addition to paintings, there is a very rich collection of artefacts ranging from prehistoric flints to Arabic ceramics, Roman mosaics and Greek statues. With its bright layout and detailed explanations, the Málaga Museum will delight art and history enthusiasts.
Nous prenons ensuite la route pour découvrir un des lieux de villégiatures les plus prisés et exclusifs d'Espagne: Marbella. Des fouilles archéologiques menées dans les montagnes autour de Marbella indiquent une présence humaine au Paléolithique et au Néolithique. Certains historiens pensent que la première colonie sur le site actuel de Marbella a été fondée par les Phéniciens au VIIe siècle avant J.-C, même si c'est surtout des vestiges romains qui seront retrouvés par les archéologues. Plus tard ce sont les Wisigoths qui occupent le lieu, avant que la région sont longuement dominée par les Maures, qui y construisent une série de forteresses. Au XIXe siècle, Marbella est une village de pêcheurs qui connaît également une activité minière. Il faudra attendre le milieu du XXe siècle pour qu'elle devienne une station balnéaire, notamment grâce à l'impulsion du Prince Alfonso de Hohenlohe-Langenburg, qui y fonde le Marbella Club Hotel en 1954. / We then set off to discover one of Spain's most exclusive holiday resorts: Marbella. Archaeological excavations carried out in the mountains around Marbella indicate human presence in the Palaeolithic and Neolithic periods. Some historians believe that the first settlement on the current site of Marbella was founded by the Phoenicians in the 7th century BC, although it is mainly Roman remains that have been found by archaeologists. Later, the Visigoths occupied the area, before the region was dominated for a long time by the Moors, who built a series of fortresses there. In the 19th century, Marbella was a fishing village that also had a mining industry. It was not until the mid-20th century that it became a seaside resort, thanks in particular to the impetus of Prince Alfonso de Hohenlohe-Langenburg, who founded the Marbella Club Hotel there in 1954.
Rapidement prisé par des aristocrates et des personnalités du showbiz, la ville attire aussi, dès les années 1970, les grandes fortunes venues du Golfe Persique comme le milliardaire saoudien Adnan Khashoggi. Marbella commence progressivement à avoir la réputation d'être un repère pour les pontes du crime organisé où trafic de drogues et prostitution font bon ménage. Si la situation s'est amélioré depuis les années 2000 ce n'est pas cet aspect sulfureux qui m'a attiré à Marbella mais plutôt son centre ancien qui possède tous les attributs des villages andalous avec ses façades blanches et jaunes, ses squares plantées d'orangers et ses ruelles étroites. Cependant la spéculation immobilière débridée depuis les années 1970 a couvert le front de mer d'immeubles massifs et disgracieux, Marbella n'ayant évidemment pas le charme paisible de Ronda ou Setenil de las Bodegas que j'ai eu la chance de visiter en 2021. Nous retournons ensuite à Málaga pour visiter un lieu qu'un passionné de plantes comme moi ne pouvait évidemment pas rater: le Jardin botanique historique La Concepción. / Quickly becoming popular with aristocrats and showbiz personalities, in the 1970s the city also began to attract wealthy individuals from the Persian Gulf, such as Saudi billionaire Adnan Khashoggi. Marbella gradually began to gain a reputation as a hotspot for organised crime bosses, where drug trafficking and prostitution went hand in hand. Although the situation has improved since the 2000s, it wasn't this scandalous aspect that attracted me to Marbella, but rather its old town, which has all the attributes of an Andalusian village with its white and yellow façades, squares planted with orange trees and narrow streets. However, rampant property speculation since the 1980s has covered the seafront with massive, unsightly buildings, and Marbella obviously lacks the peaceful charm of Ronda or Setenil de las Bodegas, which I was lucky enough to visit in 2021. We then return to Málaga to visit a place that a plant lover like me obviously couldn't miss: the historic La Concepción Botanical Gardens.
Situé dans les hauteurs de la ville, ce lieu paradisiaque a été fondé en 1855 grâce au travail du couple Jorge Loring et Amalia Heredia Livermore. Jorge Loring est l'un des hommes d'affaires des plus influents et fortunés de Málaga alors que son épouse est une femme instruite, intéressée par les plantes, les livres et l'archéologie. Le couple fera construire la maison-palais dont les travaux sont confiés à l'architecte allemand August Orth, ainsi qu'un temple d'ordre dorique à l'entrée du jardin. De nombreux bassins, sculptures et fontaines datent de cette période, tout comme certains arbres centenaires aux proportions impressionnantes. Après la banqueroute économique de la famille Loring-Heredia, le domaine est acheté en 1911 par la famille Echevarría Azcárate, qui y réalise d'importantes améliorations et élargit la collection d'arbres et palmiers. En 1963, à la mort des héritiers, le lieu est progressivement laissé à l'abandon. En 1990 le jardin est acquis par la Mairie de Málaga, qui après quatre ans de travaux, l'ouvre au public. / Located in the hills above the city, this idyllic spot was founded in 1855 thanks to the efforts of Jorge Loring and Amalia Heredia Livermore. Jorge Loring was one of Málaga's most influential and wealthy businessmen, while his wife was a well-educated woman with an interest in plants, books and archaeology. The couple commissioned German architect August Orth to build their palace-like home, as well as a Doric temple at the entrance to the garden. Many of the ponds, sculptures and fountains date from this period, as do some of the impressive hundred-year-old trees. After the Loring-Heredia family went bankrupt, the estate was purchased in 1911 by the Echevarría Azcárate family, who made significant improvements and expanded the collection of trees and palms. In 1963, upon the death of the heirs, the site was gradually abandoned. In 1990, the garden was acquired by Málaga City Council, which, after four years of work, opened it to the public.
Avec l'acquisition par la mairie de Málaga, de nouveaux espaces sont incorporés autour du jardin historique créé par le couple Loring-Heredia. Ainsi on retrouvera une superbe collectons de cactus et de succulentes, des palmiers des quatre coins du monde, des ficus aux racines tentaculaires, des monsteras aux immenses feuilles perforées et autres bambous géants. Au final c'est près de 2000 espèces de plantes qui prospèrent dans ce jardin de quelques 55 hectares qui prend par endroit l'aspect d'une véritable jungle, nous faisant facilement oublier l'espace d'un instant que nous sommes toujours en Europe. Après ce moment de détente nous reprenons la route, direction Almería pour découvrir un des joyaux de l'architecture hispano-mauresque: l'Alcazaba d'Almería. / With the acquisition by Málaga City Council, new areas have been incorporated around the historic garden created by the Loring-Heredia couple. Visitors can now admire a superb collection of cacti and succulents, palm trees from all over the world, ficus trees with sprawling roots, monsteras with huge perforated leaves and giant bamboos. In total, nearly 2,000 species of plants thrive in this 55-hectare garden, which in places resembles a veritable jungle, making us forget for a moment that we are still in Europe. After this relaxing break, we hit the road again, heading for Almería to discover one of the jewels of Hispano-Moorish architecture: the Alcazaba of Almería.
Peuplée dès le Néolithique, la région d'Almería est ensuite disputée entre les Vandales, les Wisigoths, les Byzantins, et finalement conquise par les Arabes au début du VIIIe siècle. En 955, Almería gagne le statut de médina grâce au calife Abd al-Rahman III qui ordonne la construction de cette citadelle défensive, située dans le secteur haut de la ville. Dotée de murailles et de tours mais aussi de squares, de maisons et d’une mosquée, l'Alcazaba est également destinée à accueillir le siège du gouvernement local, commandant la ville et la mer toute proche. Élargi à plusieurs reprises au XIe siècle, elle est été dotée de larges fortifications défensives et d'importantes citernes à eau de pluie, si précieuse dans cette région aride. La première enceinte est séparée de la seconde par le Muro de la Vela, qui tient son nom d'une cloche, la Santa María de los Dolores, qui avertissait la population en cas d'événements tels que l'arrivée d'un navire dans le port ou un incendie. La seconde enceinte est un lieu de résidence pour les gouverneurs, leurs soldats et leurs serviteurs et comprend également des bains et des réservoirs. / Populated since Neolithic times, the region of Almería was subsequently contested by the Vandals, Visigoths, and Byzantines, before finally being conquered by the Arabs in the early 8th century. In 955, Almería gained the status of a medina thanks to Caliph Abd al-Rahman III, who ordered the construction of this defensive citadel in the upper part of the city. Equipped with walls and towers, as well as squares, houses and a mosque, the Alcazaba was also intended to house the seat of local government, commanding the city and the nearby sea. Enlarged several times in the 11th century, it was equipped with large defensive fortifications and large rainwater cisterns, so precious in this arid region. The first enclosure is separated from the second by the Muro de la Vela, which takes its name from a bell, the Santa María de los Dolores, which warned the population of events such as the arrival of a ship in the harbour or a fire. The second enclosure is a place of residence for governors, their soldiers and servants, and also includes baths and reservoirs.
La ville s'enrichit pendant l'ère islamique, devenant une importante cité marchande, bénéficiant d'un port actif qui faisait le commerce de la soie, de l'huile et des raisins secs. Cette période prit fin avec la conquête de la ville par une coalition chrétienne en 1147. Le contrôle d'Almería changea de mains pendant le reste du Moyen Âge. Au début de l'époque moderne, avec l'apparition de la piraterie barbare, le nettoyage ethnique des Morisques (musulmans convertis au catholicisme) dans le royaume de Grenade et plusieurs catastrophes naturelles - dont un important tremblement de terre en 1522 - la ville se délabra. La Cathédrale de l'Incarnation Almería sera construite à cette période mais sera largement modifiée jusqu'au début du XIXe siècle. Son aspect fortifié s'explique par son rôle défensif, censé protéger les Chrétiens lors des attaques de pirates barbaresques, communes jusqu'au XVIIIe siècle dans la région. La reprise de l'activité minière grâce aux gisements de fer dans l'arrière-pays au XIXe siècle favorisa l'activité commerciale et la croissance démographique. / The city prospered during the Islamic era, becoming an important trading centre, benefiting from a busy port that traded in silk, oil and raisins. This period came to an end with the conquest of the city by a Christian coalition in 1147. Control of Almería changed hands throughout the rest of the Middle Ages. At the beginning of the modern era, with the emergence of barbarian piracy, the ethnic cleansing of the Moriscos (Muslims converted to Catholicism) in the kingdom of Granada and several natural disasters - including a major earthquake in 1522 - the city fell into disrepair. The Cathedral of the Incarnation in Almería was built during this period but underwent extensive modifications until the early 19th century. Its fortified appearance is due to its defensive role, intended to protect Christians during attacks by Barbary pirates, which were common in the region until the 18th century. The revival of mining activity in the 19th century, thanks to iron deposits in the hinterland, boosted trade and population growth.
Si Almería n'a pas forcément le charme et la renommée des autres villes de la Costa del Sol, elle a su développer son activité touristique, même si sa principale activité économique reste l'agriculture. En effet cette destination, hors des sentiers battus, est connue en France - avec la commune voisine de El Ejido - pour être au cœur de la "mer de plastique" un immense bassin agricole spécialisé dans la production intensive de légumes sous serres, qui se déploient à pertes de vue, posant de nombreuses questions écologiques, surtout en sachant qu'Almería est considérée comme la ville la plus aride d'Europe. Entouré par le Désert de Tabernas, elle possède une pluviométrie comparable à Phoenix en Arizona. Almería est la seule ville d'Europe continentale qui n'ait jamais enregistré de température négative dans son histoire récente. Ses paysages sont si semblables aux déserts nord-américains qu'ils furent largement utilisés comme décor pour tourner de nombreux westerns produits par des studios italiens - dit "western spaghetti" - dans les années 1960-1970 dont certains classiques comme "Le Bon, la Brute et le Truand" et "Il était une fois dans l'Ouest". Après ce passage éclair à Almería, nous continuons à l'est pour découvrir Alicante. / Although Almería may not have the charm and renown of other towns on the Costa del Sol, it has successfully developed its tourism industry, even though its main economic activity remains agriculture. This off-the-beaten-track destination is known in Europe – along with the neighbouring municipality of El Ejido – for being at the heart of the ‘sea of plastic’, a huge agricultural basin specialising in intensive greenhouse vegetable production, which stretches as far as the eye can see, raising many ecological questions, especially given that Almería is considered the driest city in Europe. Surrounded by the Tabernas Desert, it has rainfall comparable to Phoenix, Arizona. Almería is the only city in continental Europe that has never recorded sub-zero temperatures in its recent history. Its landscapes are so similar to North American deserts that they were widely used as the setting for many Westerns produced by Italian studios - known as ‘spaghetti Westerns’ - in the 1960s and 1970s, including classics such as ‘The Good, the Bad and the Ugly’ and ‘Once Upon a Time in the West’. After this brief stop in Almería, we continue eastwards to discover Alicante.
Nous commençons bien sûr par la magnifique Explanada de España. Appelé "Passeig Esplanada d'Espanya" en catalan, cette superbe promenade - bordée de centaines de palmiers - est pavée de 6,5 millions de carreaux de marbre créant une forme ondulée qui rappelle un peu la calçada portugaise. Elle s'étend du port d'Alicante à la Gran Vía et se termine par le parc Canalejas avec ses ficus centenaires aux proportions impressionnantes. Pour les habitants d'Alicante, cette promenade est le lieu de rendez-vous et de détente. On retrouve de nombreux bâtiments remarquables comme la Casa Carbonell - bâtie en 1926 - avec sa façade richement décorée qui donnent à Alicante des airs de Côte-d'Azur. A deux pas de là on pourra mettre les pieds dans le sable un instant le long de l'immense plage du Postiguet. Depuis la plage et le port d'Alicante on aperçoit le château de Santa Bàrbara - Castell de Santa Bàrbara en catalan - perché sur le mont Benacantil, à 166 m au dessus du niveau de la mer. / We are of course starting with the magnificent Explanada de España or “Passeig Esplanada d'Espanya” in Catalan. This beautiful promenade—lined with hundreds of palm trees—is paved with 6.5 million marble tiles creating a wave-like pattern somewhat reminiscent of Portuguese calçada. It stretches from the port of Alicante to Gran Vía and ends at Canalejas Park with its impressive hundred-year-old ficus trees. For the residents of Alicante, this promenade is a place to meet and relax. There are many remarkable buildings, such as the Casa Carbonell, built in 1926, with its richly decorated façade, which give Alicante the feel of the French Riviera. A stone's throw away, you can dip your toes in the sand along the immense Postiguet beach. From the beach and the port of Alicante, you can see Santa Barbara Castle—Castell de Santa Barbara in Catalan—perched on Mount Benacantil, 166 m above sea level.
Alicante fut la dernière ville fidèle au gouvernement républicain à être occupée par les troupes du général Franco à la fin de la Guerre civile espagnole, le 1er avril 1939. Si la ville est lourdement bombardée elle a conservé une partie de ses bâtiments d'époque, donc plusieurs exemples de modernisme valencien datant des années 1900. Pour s'en faire une idée on se promènera le long de la Calle Pablo Altamira et de la Calle San Fernando, sans oublier la Plaza de Gabriel Miró et le Portal de Elche, où on viendra savourer une succulente pâtisserie et un chocolat chaud à Santagloria Coffee & Bakery, à l'ombre d'immenses ficus. Malgré son front de mer très années 1970, la ville possède une histoire particulièrement riche et ancienne. La région d'Alicante est habitée depuis plusieurs millénaires et dès 1000 av. J.-C., les marchands grecs et phéniciens commencent à y établir des comptoirs commerciaux. Le général carthaginois Hamilcar Barca fonda la cité fortifiée d'Akra Leuké - signifiant "Montagne Blanche" - au milieu des années 230 av. J.-C., que l'on situe généralement sur le site de l'actuelle Alicante. La cité devint romaine pendant plusieurs siècles avant de tomber sous le joug de Wisigoths puis des Maures prenant le nom de "Medina Laqant". / Alicante was the last city loyal to the Republican government to be occupied by General Franco's troops at the end of the Spanish Civil War on April 1, 1939. Although the city was heavily bombed, it has retained some of its period buildings, including several examples of Valencian modernism dating from the 1900s. To get an idea of this, take a stroll along Calle Pablo Altamira and Calle San Fernando, not forgetting Plaza de Gabriel Miró and Portal de Elche, where you can enjoy a delicious pastry and hot chocolate at Santagloria Coffee & Bakery, in the shade of huge ficus trees. Despite its very 1970s-style seafront, the city has a particularly rich and ancient history. The Alicante region has been inhabited for several millennia and as early as 1000 BC, Greek and Phoenician merchants began to establish trading posts there. The Carthaginian general Hamilcar Barca founded the fortified city of Akra Leuké - meaning “White Mountain” - in the mid-230s BC, which is generally located on the site of present-day Alicante. The city became Roman for several centuries before falling under the rule of the Visigoths and then the Moors, taking the name “Medina Laqant”.
En 1247 elle est reconquise par le roi castillan Alfonso X, puis transférée en 1296 à la Couronne d'Aragon. Après une période d'activité soutenue au Moyen-Âge grâce à son port, favorisant l'exportation exportation de riz, de vin, d'huile d'olive, d'oranges et de laine, elle entame un lent déclin avec l'expulsion des Juifs puis des Morisques entre le XVIe et le XVIIe siècle. C'est toutefois à cette période que sont bâties les superbes Cocathédrale Saint-Nicolas de Bari et Basilique de Sainte-Marie. Ces deux églises se situent dans le charmant Barrio de la Santa Cruz - ci-dessus - un quartier riche en couleur, qui constitue en quelque sorte la vieille ville d'Alicante. C'est de là que l'on peut grimper jusqu'au le château de Santa Bàrbara. Même si de notre côté cette ascension sera réalisée en réalité grâce à un ascenseur de quelques 142 m, creusé dans la roche en 1963, qui permet de relier la basse-ville avec le mont Benacantil en quelques secondes. / In 1247, it was reconquered by the Castilian king Alfonso X, then transferred to the Crown of Aragon in 1296. After a period of sustained activity in the Middle Ages thanks to its port, which facilitated the export of rice, wine, olive oil, oranges, and wool, it began a slow decline with the expulsion of the Jews and then the Moriscos between the 16th and 17th centuries. However, it was during this period that the magnificent Co-Cathedral of Saint Nicholas of Bari and Basilica of Saint Mary were built. These two churches are located in the charming Barrio de la Santa Cruz - above - a colorful neighborhood that constitutes the old town of Alicante. From here, you can climb up to Santa Barbara Castle. Although, in reality, we will be taking a 142-meter elevator, carved into the rock in 1963, which connects the lower town with Mount Benacantil in a matter of seconds.
Avec sa situation exceptionnelle offrant une vue à 360°, le château de Santa Bàrbara jouissait d'une importance stratégique majeure pour la défense de la ville. Sur ses pentes, des vestiges archéologiques allant de l'âge du bronze à l'époque romaine, ont été découverts. L'origine de la forteresse actuelle date de la fin du IXe siècle avec la domination musulmane. Ce château acquiert le nom de Santa Bárbara car, le jour de sa fête, le 4 décembre 1248, il fut pris aux Arabes par l'infant Alphonse de Castille. Fortifié sous le règne de Charles Quint il fera l'objet d'importantes rénovations sous Philippe II, entre 1562 à 1580. Bombardé par les troupes françaises en 1691 lors de la Guerre de succession d'Espagne, le château perd progressivement de son importance militaire au XVIIIe siècle. Le site se découpe en plusieurs parties offrant des vues spectaculaires sur Alicante. Nous faisons ensuite une boucle pour découvrir la jolie petite bourgade de La Vila Joiosa - "Villajoyosa" en castillan - située à environ 30 min à l'est d'Alicante. / With its exceptional location offering a 360° view, Santa Bàrbara Castle was of major strategic importance for the defence of the city. Archaeological remains dating from the Bronze Age to Roman times have been discovered on its slopes. The current fortress dates back to the end of the 9th century during Muslim rule. The castle was named Santa Bárbara because, on her feast day, 4 December 1248, it was taken from the Arabs by Prince Alfonso of Castile. Fortified during the reign of Charles V, it underwent major renovations under Philip II, between 1562 and 1580. Bombarded by French troops in 1691 during the War of the Spanish Succession, the castle gradually lost its military importance in the 18th century. The site is divided into several parts offering spectacular views of Alicante. We then take a detour to discover the pretty little town of La Vila Joiosa – ‘Villajoyosa’ in Castilian – located about 30 minutes east of Alicante.
Comptant 37 400 habitants, elle est surtout connue pour ses maisons richement colorées qui s'étirent entre sa vieille ville et le front de mer. L'ambiance - en tout cas en janvier - y est paisible et on flâne avec plaisir le long de sa longue plage de sable blanc, on s'assoie en terrasse pour boire un verre et on mange une glace en ce promenant. Après cette douce après-midi nous retournons à Alicante nous promener le long du port pour profiter de la fin de journée. C'est devant un coucher de soleil resplendissant que nous disons au revoir à Alicante. Ce voyage hivernal dans le sud de l'Espagne fut un grand plaisir, d'autant que la Costa del Sol et la Costa Blanca sont des régions extrêmement touristiques et avoir profité de son ambiance festive et de sa chaleur sans les excès de l'été fut d'autant plus agréable. / With a population of 37,400, it is best known for its colourful houses stretching between the old town and the seafront. The atmosphere – at least in January – is peaceful, and it's a pleasure to stroll along its long white sandy beach, sit on a terrace for a drink and eat ice cream while walking. After this pleasant afternoon, we return to Alicante to stroll along the harbour and enjoy the end of the day. We bid farewell to Alicante as the sun sets in all its glory. This winter trip to southern Spain was a real treat, especially as the Costa del Sol and Costa Blanca are extremely popular tourist destinations and enjoying their festive atmosphere and warmth without the summer heat was all the more pleasant.
C'est avec les valises remplies de succulents produits espagnols que nous retournons en France, déjà nostalgique. Mais l'Espagne a tant que choses à découvrir que ce n'est que partie remise évidemment... A très vite pour plus de recettes. / We returned to France with our suitcases full of delicious Spanish products, already feeling nostalgic. But Spain has so much to discover that we will definitely be back... See you soon for more recipes.


































































































































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