Alors que le printemps pointe le bout de son nez progressivement, je vous emmène dans mes valises pour découvrir une ville que j'avais envie d'explorer depuis un bon moment: Lisbonne. Si la météo de mars fut très capricieuse, cela ne nous a pas empêché de profiter de cette ville charmante chargée d'histoire. En effet la capitale portugaise est l'une des plus anciennes villes européennes et la région est peuplée dès le premier millénaire avant notre ère, par des peuples ibères. La cité en elle-même sera fondée par les Phéniciens et intégrée à l'Empire carthaginois, sous le nom de Olisipo. Après les guerres puniques elle est absorbée par l'Empire romain et renommée Felicitas Julia. Au début du Moyen-Âge, Rome, en déclin, voit son empire mis en pièces par diverses tribus barbares et la province de Lusitanie est prise par les Wisigoths. Trois siècles plus tard ce sont les Maures venant d'Afrique du Nord qui conquièrent la plus grande partie de la Péninsule ibérique, dès le début du VIIIe siècle. Reprise en 1147 par Afonso Henriques, Lisbonne devient en 1255, la capitale du Portugal, remplaçant Coimbra. Située au nord de l'estuaire du Tage, la ville possède un emplacement stratégique et tout comme son voisin espagnol, le Portugal, dès le milieu du XVe siècle, rentre dans la période des Grandes Découvertes, d'abord le long des côtes africaines, puis au Brésil et en Asie, faisant entrer le royaume dans un âge d'or, économique, politique et culturel. Je vous amène donc pour cette visite au bord du Tage - Tejo en portugais - pour découvrir la place la plus iconique de Lisbonne: la Praça do Comércio. Étonnamment ce site, l'un des plus célèbres de la ville, est né d'une tragédie qui a fortement marqué l'histoire du Portugal. En effet en 1755, un séisme - que l'on pense aujourd'hui être d'une magnitude de 9, soit le plus élevé sur l'échelle de Richter - frappa la ville. En plus des secousses, un tsunami et une série d'incendies détruisirent près de 85% de la ville et tuèrent plus d'un tiers de ses habitants. Un nom ressort de cette catastrophe: Sebastião José de Carvalho e Melo, Marquis de Pombal. L'Europe embrasse à cette période les idéaux des Lumières et le Marquis, alors premier ministre, repense Lisbonne comme une ville moderne, avec de larges avenues, un plan en damier et d'élégants bâtiments symétriques. C'est ainsi que naissent la Praça do Comércio et le quartier de Baixa. / As spring gradually comes back to life, I'd like to take you on a trip of discovery in a city I've wanted to explore for a very long time: Lisbon. Even the extremely bad weather of March was not enough to stop us from enjoying this charming city full of history. The Portuguese capital is one of Europe's oldest establishments and the region has been inhabited by Iberian peoples since the first millennium BC. The city itself was founded by the Phoenicians and became part of the Carthaginian Empire, under the name of Olisipo. After the Punic Wars, it was absorbed into the Roman Empire and renamed Felicitas Julia. In the early Middle Ages, Rome saw its empire torn apart by various barbarian tribes, and the province of Lusitania was taken by the Visigoths. Three centuries later, in the early 8th century, it was the Moors from North Africa who conquered most of the Iberian Peninsula. Recaptured in 1147 by Afonso Henriques, Lisbon became the capital of Portugal in 1255, replacing Coimbra. Situated
to the north of the Tagus estuary, the city has a strategic location and, like
its Spanish neighbours, Portugal entered the period of the Great Discoveries in
the mid-15th century. First along the African coast and then in Brazil and
Asia, these discoveries led to an economic, political and cultural golden age
for the Portuguese kingdom. On this tour, I'm taking you to the banks of the
Tagus - Tejo in Portuguese - to discover Lisbon's most iconic square: the Praça
do Comércio. Surprisingly, this site, one of the city's most famous, was born
out of a tragedy that left its mark on Portugal's history. In 1755, an
earthquake - now thought to be of magnitude 9, the highest on the Richter scale
- struck the city. In addition to the tremors, a tsunami and a series of fires
destroyed almost 85% of the city and killed more than a third of its
inhabitants. One name will stands out as a result of this catastrophe:
Sebastião José de Carvalho e Melo, Marquis of Pombal. At the time, Europe was
embracing the ideals of the Enlightenment, and the Marquis, then prime
minister, re-imagined Lisbon as a modern city, with wide avenues, a chequered
plan and elegant symmetrical buildings. This was the birthplace of the Praça do
Comércio and the Baixa district.
Ce quartier est d'ailleurs appelé plus officiellement le Baixa Pombalina, en l'honneur du Marquis. La Praça do Comércio avec ses imposants bâtiments jaune et blanc est décorée en son centre par la statue équestre du roi Joseph Ier, inaugurée en 1775, œuvre du sculpteur Joaquim Machado de Castro. Le quartier de Baxia s'étire jusqu'aux places de Rossio et Figueira et l'Avenida da Liberdade. On fait un détour sur la Praça dos Restauradores où on découvrira d'un des plus bels exemples d'Art Déco portugais: le Teatro Éden, construit dans les années 1930, qui sert aujourd'hui d'immeuble résidentiel. / This
district is more officially known as Baixa Pombalina, in honour of the Marquis.
The Praça do Comércio, with its imposing yellow and white buildings, is
decorated at its centre by the equestrian statue of King Joseph I, unveiled in 1775
and the work of sculptor Joaquim Machado de Castro. The Baxia district
stretches as far as Rossio and Figueira squares and the Avenida da Liberdade. Visit
next the Praça dos Restauradores, where you will discover one of the finest
examples of Portuguese Art Deco: the Teatro Éden, built in the 1930s and now
used as a residential building.
En retournant vers la Praça do Rossio ou Praça Dom Pedro IV on ne peut pas manquer la magnifique Gare du Rossio, construite entre 1886 et 1887. Elle se distingue par son style néo-manuélin, qui reprend les codes de l'architecture portugaise de la deuxième moitié du XVe siècle. Cette jolie place est couverte de pavés blancs et noirs arrangés sous forme d'élégants motifs sinueux, tellement emblématiques du Portugal. A l'angle de la Praça do Rossio on aperçoit le Castelo de São Jorge qui domine le quartier de l'Alfama, notre prochaine destination. / On the way back to Praça do Rossio - officially known as Praça Dom Pedro IV - you can't miss the magnificent Rossio Station, built between 1886 and 1887. It is distinguished by its neo-Manuélin style, based on the codes of Portuguese architecture from the second half of the 15th century. This pretty square is covered with white and black cobblestones arranged in elegant sinuous patterns, emblematic of Portugal. At the corner of the Praça do Rossio, you can see the Castelo de São Jorge overlooking the Alfama district, our next destination.
Le terme "Alfama" vient de l'arabe "al-ḥamma" et signifie "sources", le quartier possédant historiquement des sources d'eau chaude. Durant l'occupation maure, l'Alfama désignait en réalité le centre de Lisbonne alors appelée "Al-Ushbuna", avant que la ville s'étende progressivement à l'ouest vers la fin du Moyen-Âge. De manière assez surprenante ce quartier survécut relativement bien au séisme de 1755 et il garda son tracé sinueux et ses ruelles étroites. On se perd volontiers dans ce coin de Lisbonne et s'il est agréable de monter à l'Alfama à pieds, il serait dommage de ne pas prendre le tramway. Ce mode de transport - appelé localement "elétricos" - existe depuis 1873 et mérite le détour avec ses véhicules d'époque qui serpentent sans effort dans les rues les plus escarpées de la ville. / The term ‘Alfama’ comes from the Arabic ‘al-ḥamma’ and means ‘springs’, as the district historically was abundant in hot springs. During the Moorish occupation, Alfama was actually the centre of Lisbon, then called ‘Al-Ushbuna’, before the city gradually expanded westwards towards the end of the Middle Ages. Surprisingly, this district survived the 1755 earthquake relatively well, retaining its winding layout and narrow streets. It's easy to get lost in this part of Lisbon, and while it's pleasant to walk up to Alfama, you shouldn't miss taking the tram. This mode of transport - known locally as ‘elétricos’ - has been around since 1873 and is well worth a visit, with its vintage vehicles winding effortlessly through the city's steepest streets.
Au sommet du quartier on atteint le Castelo de São Jorge dont les fondations dateraient de l'ère romaine, même ses fortifications furent remaniées notamment sous l'occupation maure, puis à la fin du Moyen-Âge quand il devint un palais royal. Nous ne sommes pas rentrés dans le château en lui même mais nous avons flâné le long de ses imposantes murailles sous les cris des paons dont le plumage scintille magnifiquement au soleil. On poursuit notre chemin pour atteindre le Miradouro das Portas do Sol qui offre des vues spectaculaires sur la ville et notamment sur les coupoles blanches du Monastère de Saint-Vincent de Fora et du Panthéon national portugais. Après cette marche revigorante, on s'assoie un instant pour savourer un pastel de nata avec un café frappé, amplement mérités. / At the top of the quarter is the Castelo de São Jorge, whose foundations are thought to date back to the Roman era. The castle’s fortifications were also altered on a few occasions, particularly during the Moorish occupation and again at the end of the Middle Ages, when it became a royal palace. We didn't go inside the castle itself, but strolled along its imposing walls, accompanied by the cries of the peacocks and their plumage glistening magnificently in the sun. We continued on our way to the Miradouro das Portas do Sol, which offers spectacular views over the city and in particular the white domes of the Monastery of Saint-Vincent de Fora and the Portuguese National Pantheon. After this invigorating walk, a moment to enjoy a pastel de nata with a well-deserved iced coffee.
Juste à coté on déambule le long du Miradouro de Santa Luzia, qui est également un point de vue très populaire. On écoute de la bossa nova à l'ombre des bougainvilliers ou un lézarde au soleil en admirant les azulejos de l'église Santa Luzia. Si je n'ai pas eu le temps de découvrir le Musée national de l'Azulejo, ça ne m'a pas empêcher de m'émerveiller devant ces carreaux en céramique qui décorent un nombre incalculable de bâtiments à Lisbonne. Issus du mot arabe al-zuleij, qui signifie "pierre polie", et non "azul" - bleu en portugais - comme on le pense souvent, les azulejos se déclinent en un nombre quasi-infini de motifs et de couleurs. Après l'Alfama nous partons plus au nord de la ville, pour découvrir le Musée Calouste-Gulbenkian. / Just next door you can stroll along the Miradouro de Santa Luzia, which is also a very popular viewpoint. You can listen to bossa nova in the shade of the bougainvilleas or bask in the sun while admiring the azulejos of the Santa Luzia church. Although I didn't have time to discover the National Azulejo Museum, that didn't stop me from marvelling at these ceramic tiles that decorate countless buildings in Lisbon. Derived from the Arabic word al-zuleij, which means ‘polished stone’, and not ‘azul’ - blue in Portuguese - as is often thought, azulejos come in an almost infinite number of patterns and colours. After the Alfama, we head further north to discover the Calouste-Gulbenkian Museum.
Homme d'affaires arménien né en Turquie en 1869, Calouste Sarkis Gulbenkian fit fortune dans l'industrie pétrolière. Un an après sa mort en 1955, selon ses dernières volontés, la Fondation Calouste Sarkis Gulbenkian fut créée - entre autres - afin d'abriter et de présenter au public ses collections privées composées de plus de 6 000 pièces dont 1 000 font partie de l'exposition permanente. L'imposant bâtiment brutaliste inauguré en 1969 offre un écrin de choix pour un catalogue éclectique allant de l'Égypte antique à l'art européen du début du XXe siècle. On notera la richesse des collections d'art islamique, de mobilier français du XVIIIe siècle et de peintures impressionnistes. / An Armenian businessman born in Turkey in 1869, Calouste Sarkis Gulbenkian, made his fortune in the oil industry. A year after his death in 1955, in accordance with his last wishes, the Calouste Sarkis Gulbenkian Foundation was created - among other things - to house and present to the public his private collections, comprising more than 6,000 items, 1,000 of which are on permanent display. The imposing Brutalist building, inaugurated in 1969, is the perfect setting for an eclectic catalogue ranging from ancient Egypt to early 20th-century European art. Of particular interest are the rich collections of Islamic art, eighteenth-century French furniture and Impressionist paintings.
En plus des tableaux de grands maîtres tels que Rembrandt, Rubens, Monet, Renoir, Manet, Edgar Degas et Turner, on s'arrêtera bien sûr pour observer les somptueux bijoux de René Lalique. Ce joaillier français - ami proche de Calouste Gulbenkian - est connu pour ses spectaculaires réalisations de style Art nouveau, mêlant insectes, fleurs, serpents et visages féminins. On retourne ensuite vers le centre historique pour découvrir le Jardin botanique. Dépendant de la faculté des sciences de l'Université de Lisbonne, ce parc de 4 hectares fut inauguré en 1878 après 5 ans de travaux. On doit une grande partie de l'agencement actuel du jardin au paysagiste allemand Edmond Goeze et au botaniste français Jules Daveau. / As well as paintings by great masters such as Rembrandt, Rubens, Monet, Renoir, Manet, Edgar Degas and Turner, there is of course the sumptuous jewellery by René Lalique. This French jeweller - a close friend of Calouste Gulbenkian - is renowned for his spectacular Art Nouveau creations, combining insects, flowers, snakes and female faces. We then return to the historic centre to discover the Botanical Gardens. Part of the Faculty of Sciences at the University of Lisbon, this 4-hectare park was inaugurated in 1878 after 5 years of work. Much of the garden's current layout is the work of German landscape gardener Edmond Goeze and French botanist Jules Daveau.
Le jardin comprend diverses espèces tropicales et subtropicales, originaires du Mexique, de Nouvelle-Zélande, d'Australie, de Chine, du Japon, du Brésil et d'Afrique du Sud. Il possède l'une des plus grandes collections de palmiers d'Europe à l'air libre avec des spécimens vieux de plus d'un siècle atteignant des hauteurs vertigineuses. On se perd volontiers dans ses allées au milieu des plantes succulentes, philodendrons, conifères, cycas, fougères et autres bambous. Avec son climat méditerranéen tempéré d'influences océaniques, Lisbonne profite d'hivers doux et pluvieux et d'étés chauds et ensoleillés. / The garden includes a variety of tropical and subtropical species from Mexico, New Zealand, Australia, China, Japan, Brazil and South Africa. It boasts one of Europe's largest collections of palms in the open air, with specimens over a century old reaching dizzying heights. You'll be delighted to lose yourself in the alleys amid succulents, philodendrons, conifers, cycads, ferns and bamboo. With its Mediterranean climate tempered by oceanic influences, Lisbon enjoys mild, rainy winters and hot, sunny summers.
Après cette visite très zen dans ce superbe jardin botanique - accolé au Musée d'histoire naturelle - nous continuons notre progression dans le Bairro Alto. Littéralement "quartier haut" en portugais, c'est l'un des quartiers les plus pittoresques et animés de Lisbonne avec ses innombrables bars, restaurants et maisons de fado. Longtemps négligé voire malfamé, le Bairro Alto est devenu - depuis quelques décennies - un faubourg très apprécié notamment des touristes fêtards et des jeunes Lisboètes, pour son ambiance décontractée. / After this very zen visit to this superb botanical garden - adjoining the Natural History Museum - we continue our journey through Bairro Alto. Literally ‘upper quarter’ in Portuguese, this is one of Lisbon's most picturesque and lively districts, with its countless bars, restaurants and fado houses. For a long time neglected or even rundown, Bairro Alto has become - over the last few decades - a very popular suburb, particularly among party tourists and young Lisboners, for its relaxed atmosphere.
On flâne à travers ses ruelles colorées avant de pénétrer dans l'église Saint-Roch ou Igreja de São Roque, construite de 1565 à 1573 pour les jésuites de Lisbonne. C'est l'unes de églises les plus spectaculaires de la ville avec ses intérieurs croulant littéralement sous les boiseries dorées à l'or fin et les moulures en marbre polychrome. Juste derrière on découvre le Miradouro de São Pedro de Alcântara, avec ses vues à couper le souffle sur la ville. On continue notre ballade dans le quartier du Chiado, qui se situe dans la continuité du Bairro Alto, avant de faire une halte sur la jolie place de Largo do Carmo. Elle fait face au couvent des Carmes - bâti entre 1389 et 1423 - qui s'écroula lors du tremblement de terre de 1755, et ne fut jamais reconstruit. Ces ruines abritent aujourd'hui le musée archéologique du Carmo. / We stroll through its colourful alleyways before entering the Church of Saint Roch or Igreja de São Roque, built between 1565 and 1573 for the Jesuits of Lisbon. It's one of the city's most spectacular churches, with its interiors literally bursting with gilded woodwork and polychrome marble mouldings. Just behind it is the Miradouro de São Pedro de Alcântara, with its breathtaking views over the city. We continue our walk in the Chiado district, which follows on from Bairro Alto, before stopping off at the pretty Largo do Carmo square. It faces the Carmelite convent - built between 1389 and 1423 - which collapsed in the 1755 earthquake and was never rebuilt. These ruins now house the Carmo Archaeological Museum.
Juste à côté de la cette place, on se faufile pour découvrir l'Ascenseur de Santa Justa. Avec sa décoration néo-gothique, cet ascenseur de 45 m, construit entre 1899 et 1902, permet de relier le quartier du Chiado à la Baixa Pombalina, dans la basse ville. Sa partie supérieure offre un panorama spectaculaire de Lisbonne. En redescendant doucement vers la Place du Chiado, on passe devant A Brasileira, un café emblématique de la ville, inauguré en 1905. Juste en face on ne manquera de découvrir les superbes intérieurs de la Basílica de Nossa Senhora dos Mártires avec son orgue impressionnant. / Descending gently towards Chiado Square, we pass by A Brasileira, an emblematic Lisbon café, inaugurated in 1905. We continue towards the Tagus to reach the Cais do Sodre district, with its many bars and restaurants. After all that walking, you can't say no to a good cocktail. Mine contains ginja, a rather light cherry liqueur that is very popular in this country. Just across the road, you can't miss the superb interiors of the Basílica de Nossa Senhora dos Mártires, with its impressive organ.
On continue vers le Tage pour atteindre le quartier de Cais do Sodre, avec ses nombreux bars et restaurants. Après toute cette marche, on ne refuse pas un bon cocktail. Le mien contient entre autre de la ginja, une liqueur de griottes plutôt légère et très populaire dans le pays. On saute ensuite dans le train qui nous amène à l'ouest de Lisbonne pour découvrir Belém et notamment le superbe Monastère des Hiéronymites, de l'ordre de Saint-Jérôme. Comme la Tour de Belém, il est un exemple significatif du style manuélin, style très chargé et opulent, prisé dans le Portugal du XVe et XVIe siècle. La première pierre de ce bâtiment est posée en 1502, même si le monastère subira de nombreuses modifications au cours de l'histoire, avec notamment l'ajout d'un clocher au XIXe siècle. On découvre le cloître avec ses arches - véritables dentelles de pierre - reposant sur des colonnes décorées de végétaux, de gargouilles et de motifs géométriques. / Descending gently towards Chiado Square, we pass by A Brasileira, an emblematic Lisbon café, inaugurated in 1905. We continue towards the Tagus to reach the Cais do Sodre district, with its many bars and restaurants. After all that walking, you can't say no to a good cocktail. Mine contains ginja, a rather light cherry liqueur that is very popular in this country. Just across the road, you can't miss the superb interiors of the Basílica de Nossa Senhora dos Mártires, with its impressive organ. We then jump on the train to the west of Lisbon to discover Belém and in particular the superb Hieronymite Monastery, part of the Order of St Jerome. Like the Tower of Belém, it is a significant example of the Manueline style, a very busy and opulent style favoured in 15th and 16th century Portugal. The first stone of this building was laid in 1502, although it has undergone many changes over the course of its history, including the addition of a bell tower in the 19th century. The cloister is surrounded by arches - real stone lace – that rest on columns decorated with plants, gargoyles and geometric motifs.
L'église Sainte-Marie - malheureusement fermée lors de notre visite - contient entre autres le tombeau de Vasco De Gama. En effet le Monastère des Hiéronymites naît à une période où le Royaume du Portugal - grâce à son empire colonial en pleine expansion - amasse de véritables fortunes, qui permettent entre autres de financer de tels chantiers. Pour en apprendre plus sur le sujet, on ira au Musée de la Marine, accolé au monastère. L'histoire maritime du Portugal est fascinante. Le pays, débarrassé de l'occupation maure à la fin du XIIIe siècle commence à développer sa marine alors qu'en Méditerranée les Républiques maritimes de Venise et de Gênes sont à leur apogée grâce au commerce des épices, de l'encens et de la soie. Avec l'expansion de l'Empire ottoman au début du XVe siècle, les négociants italiens sont de plus en plus limités dans leurs activités commerciales. En parallèle les marins portugais explorent progressivement l'Atlantique et atteignent les Açores en 1427 puis le Cap-Vert en 1444. Bartolomeu Dias contourne ainsi le Cap de Bonne-Espérance en 1488, Vasco de Gama atteint les côtes indiennes en 1498 alors que Pedro Álvares Cabral accoste sur ce que deviendra le Brésil en 1500. Travaillant pour la couronne espagnole, Fernand de Magellan, né à Porto, fut le premier navigateur à réaliser un tour du monde complet. S'il fut tué aux Philippines en 1521, son équipage put toutefois rejoindre son point de départ: Séville. / The church of Santa Maria - unfortunately closed at the time of our visit - contains the tomb of Vasco De Gama. The Monastery of the Hieronymites was built at a time when the Kingdom of Portugal - thanks to its rapidly expanding colonial empire - was amassing real fortunes, which made it possible to finance such projects, among other things. To find out more, visit the Marine Museum, right next to the monastery. Portugal's maritime history is fascinating. The country, freed from Moorish occupation at the end of the 13th century, began to develop its navy, while in the Mediterranean the maritime republics of Venice and Genoa were at their peak thanks to the spice, incense and silk trades. With the expansion of the Ottoman Empire in the early 15th century, Italian merchants were increasingly restricted in their trading activities. At the same time, Portuguese sailors gradually explored the Atlantic, reaching the Azores in 1427 and Cape Verde in 1444. Bartolomeu Dias rounded the Cape of Good Hope in 1488, Vasco da Gama reached the Indian coast in 1498 and Pedro Álvares Cabral landed on what was to become Brazil in 1500. Working for the Spanish crown, Fernand de Magellan, born in Porto, was the first navigator to circumnavigate the globe. Although he was killed in the Philippines in 1521, his crew was nevertheless able to reach their starting point in Seville.
Si le Portugal perd de son influence face à l'expansion des Pays-Bas et de la Grande Bretagne dans l'Océan Indien au XVIIIe siècle puis avec l'indépendance du Brésil en 1822, le pays possédera plusieurs colonies en Afrique comme l'Angola ou le Mozambique, jusqu'en 1975. A l'ouest du bâtiment d'origine, le pavillon des galères, construit à la fin des années 1950, présente de nombreux bateaux, originaux et répliques en taille réelle. Evidemment impossible de ne pas faire une boucle pour découvrir la Tour de Belém. Construite entre 1514 et 1519 par le roi Manuel Ier de Portugal, son but était de garder l'entrée du port de Lisbonne. Elle revêtait une grande importance à l’époque des découvertes en Europe, car elle servait de port d'embarquement pour les explorateurs portugais. On continue notre périple entre le centre de Lisbonne et Sintra. En effet même si je désirais initialement découvrir Sintra et ses nombreux palais, nous avions déjà tellement de choses à faire à Lisbonne que nous nous sommes juste permis une petite excursion à une vingtaine de minutes de la gare de Rossio pour atteindre la commune de Queluz et bien sûr son palais. / Although Portugal lost some of its influence to the expansion of the Netherlands and Great Britain in the Indian Ocean in the 18th century, and then the independence of Brazil in 1822, the country still had several colonies left in Africa, such as Angola and Mozambique, until 1975. To the west of the original building, the galleys pavilion, built in the late 1950s, features a number of original ships and life-size replicas. Of course, it's impossible not to make a loop to discover the Tower of Belém. Built between 1514 and 1519 by King Manuel I of Portugal, its purpose was to guard the entrance to the port of Lisbon. It was of great importance at the time of the European discoveries, as it served as a port of embarkation for Portuguese explorers. We continue our journey between the centre of Lisbon and Sintra. Although I initially wanted to discover Sintra and its many palaces, we already had so much to do in Lisbon that we just allowed ourselves a short excursion about twenty minutes from Rossio station to reach the commune of Queluz and, of course, its palace.
Le palais royal de Queluz fait partie des derniers grands bâtiments rococo construits en Europe. Souvent qualifiée - malgré sa petite taille - de Versailles portugais, ce palais fut conçu comme lieu de villégiature estivale pour Pierre III de Bragance, roi consort du Portugal et sa future épouse, la reine Marie 1ère. Les travaux débutèrent en 1747 sous les ordres de l'architecte Mateus Vicente de Oliveira. Le palais tomba toutefois progressivement dans l'oubli au cours du XIXe siècle et fut ravagé par un important incendie en 1934, puis méticuleusement restauré pour finalement ouvrir au public en 1940. L'ensemble du bâtiment est relativement bas, le palais ayant été construit en partie après le séisme de 1755 où les architectes essayèrent de favoriser des constructions plus basses et plus stables. Les salles richement décorées se succèdent et on notera la beauté de la salle de musique et du hall des ambassadeurs. / The Royal Palace of Queluz is one of the last great Rococo buildings in Europe. Often referred to - despite its small size - as Portugal's Versailles, the palace was designed as a summer retreat for Peter III of Bragança, King Consort of Portugal, and his future wife, Queen Marie 1st. Work began in 1747 under the direction of the architect Mateus Vicente de Oliveira. However, the palace gradually fell into oblivion during the 19th century and was ravaged by a major fire in 1934, before being meticulously restored and finally opened to the public in 1940. The whole building is relatively low, the palace having been built in part after the earthquake of 1755, when the architects tried to favour lower, more stable constructions. The richly decorated halls follow one another, and the beauty of the music room and the ambassadors' hall are particularly noteworthy.
L'aile Robillon - du nom de l'architecte français Jean-Baptiste Robillon - achevée en 1779 est probablement la partie la plus extravagante du palais. On notera également les nombreux topiaires, les élégantes statues ainsi qu'une grande fontaine centrale avec des tritons et des dauphins qui ont été attribués au sculpteur italien Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin. Le palais se vit aussi à travers ses jardins, mêlant haies de buis taillées au cordeau, bosquets d'orangers parfumés, allées de magnolias, bois de chênes et de platanes. Près du palais on notera le grand canal entouré d'un ensemble de murets et de sculptures entièrement recouverts d'azulejos multicolores. / The Robillon Wing — named after the French architect Jean-Baptiste Robillon — completed in 1779 is probably the most extravagant part of the palace. Also notable are the numerous topiaries, elegant statues, and a large central fountain with tritons and dolphins, which have been attributed to the Italian sculptor Gian Lorenzo Bernini. The palace can also be experienced through its gardens, which combine tightly trimmed boxwood hedges, groves of fragrant orange trees, avenues of magnolia trees, oak and plane tree groves. Near the palace, note the Grand Canal, surrounded by a series of low walls and sculptures entirely covered in multicolored azulejos.
On continue dans le parc pour découvrir le jardin botanique du palais avec ses parterres de plantes succulentes et ses serres qui contiennent uniquement des plants d'ananas, dont certains portent des fruits très appétissants. Le palais royal de Queluz est une merveilleuse manière de finir ce séjour à Lisbonne, même si nous ne pouvons pas nous empêcher de passer encore quelques minutes le long de la Praça do Comércio, mais côté plage cette fois, et profiter d'une dernier coucher de soleil sur la Tage. / Just a little further on, you'll discover the palace's botanical gardens, with its beds of succulent plants and greenhouses containing only pineapple plants, some of which portend very appetizing fruits. The
Royal Palace of Queluz is a wonderful way to end this stay in Lisbon, however
we can't help but spend a few more minutes along the Praça do Comércio, on the
beach side this time, and enjoy one last sunset over the Tagus.
Nous ne sommes pas encore partis que nous pensons déjà à un prochain voyage dans cette ville tellement charmante, colorée et vivante. A très bientôt pour de nouveaux articles. / We
haven't even left yet, but we're already thinking about our next trip to this
charming, colorful, and lively city. See you soon with new articles.
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